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1963, le record de Roberto Patrignani

Novembre 1963, bientôt le départ pour 24 Heures sur le petit 50 cm3 Garelli, à Monza.

Novembre 1963, bientôt le départ pour 24 Heures sur le petit 50 cm3 Garelli, à Monza.

Le poète volant

Par Zef.

Roberto Patrignani a 28 ans lorsqu’il remporte sa première (et unique) victoire d’envergure internationale, le 5 mai 1963 sur le tracé de Bourg-en-Bresse. Sa Moto Morini 250 lui a permis de devancer le français René Barone et l’anglais Les Allen.

Quelques mois plus tard, en novembre, il bat un record du monde de vitesse en 24 Heures sur un 50 cm3 Garelli, à Monza.

Roberto avait fini second à Bourg-en-Bresse en 1962.

Roberto avait fini second à Bourg-en-Bresse en 1962.

Mais le parcours de Roberto va bien au-delà de ces prouesses. Ce journaliste moto exceptionnel, probablement unique dans l’histoire, fut donc pilote, écrivain et aventurier. Né à Florence en 1935, Roberto se retrouva rapidement à Mandello del Lario, où sa famille dut déménager pendant la seconde guerre mondiale. Mandello, siège historique de Moto Guzzi…

Roberto en 1967 au Tourist Trophy, il fêtait les 60 ans de la course anglaise.

Roberto en 1967 au Tourist Trophy, il fêtait les 60 ans de la course anglaise.

C’est en voyant les Guzzi passer constamment devant chez lui qu’il fut saisi par la passion. Rapidement, il approcha les essayeurs de la marque ailée, puis les techniciens, finit par prendre ses quartiers à l’usine et développa une curiosité pour la technique qui lui vaudra une grande culture mécanique. Il commença également la moto tout jeune, entouré des meilleurs maîtres italiens, et fit preuve d’un coup de guidon habile. Parallèlement, Roberto suivait des études de journaliste.

Une photo prise par Roberto pendant un reportage. Sa photo préférée, qu'il avait nommée "Paton by night". Messieurs Pattoni et Marchesani travaillent tard dans le nuit espagnole de Montjuich en 1968 pour terminer la moto pilotée par Angelo Bergamonti.

Une photo prise par Roberto pendant un reportage. Sa photo préférée, qu’il avait nommée « Paton by night ». Messieurs Pattoni et Marchesani travaillent tard dans le nuit espagnole de Montjuich en 1968 pour terminer la moto pilotée par Angelo Bergamonti.

Il devint logiquement un essayeur reconnu et couru par la presse italienne, d’abord pour Motociclismo puis pour la Gazzetta dello Sport et le Corriere della Sera. Mais Roberto voulait une vie intense. Dans les années 50 et 60, il s’engagea en championnat italien de vitesse puis en Grand-Prix. Il courut deux fois le Tourist Trophy, participa à Daytona… Il a battu plusieurs records du monde de vitesse, dont l’un sur le prototype Moto Guzzi V7 de 1969, entouré des célèbres ingénieurs Lino Tonti et Umberto Todero.

Lors du record avec la Moto Guzzi V7, à Monza.

Lors du record avec la Moto Guzzi V7, à Monza.

Roberto Patrignani ne tenait pas en place et rêvait aussi de parcourir le monde. A l’occasion des Jeux Olympiques de 1964, qui se tenaient à Tokyo, il décida de s’y rendre depuis Milan au guidon d’un Vespa 150. En 1966, il traversa l’Afrique avec une Moto Guzzi Dingo Cross (49 cm3, deux temps, 1,5 ch), un périple de 18 000 km de l’Afrique du Sud (Le Cap) jusqu’en Erythrée (Asmara), alors colonie italienne. Il traversa la Rhodésie, la Zambie, la Tanzanie, le Kenya et enfin l’Ethiopie. Arrivé à Asmara, il décida de poursuivre jusqu’en Italie.

Avec la Moto Guzzi Dingo, en Afrique.

Avec la Moto Guzzi Dingo, en Afrique. L’altitude indiquée est en pieds, soit environ 2600 mètres, au Kenya.

Sa frénésie d’aventure avait commencé tôt, adolescent, quand il partit de Madello del Lario pour atteindre San Remo à pied, sans un sou en poche.

Le Vespa de Roberto, lors de son aventure africaine.

Le Vespa de Roberto, lors de son aventure asiatique.

Une vingtaine d’ouvrages écrits sous sa plume témoignent de sa passion, sa culture et sa curiosité insatiable, quasi tous consacrés à la moto.

Un prix italien Roberto Patrignani consacre aujourd’hui les journalistes aventuriers.

En Afganisthan, sur la route de Tokyo. 1964.

En Afganisthan, sur la route de Tokyo. 1964.

1 commentaire sur “1963, le record de Roberto Patrignani

  1. Merci Zef pour ce portrait. Je ne connaissais pas Roberto Patrignani. C’est un plaisir de le découvrir.
    J’aurais bien aimé le rencontrer. C’est le genre d’homme qui me plait 😉

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