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Adrien, créateur d’All You Need Is Ride

Le fanzine haut de gamme

Par Zef, photos Yann Thomas, David Marvier, Nicolas Serre.

All You Need Is Ride est un chouette fanzine créé par Adrien en 2013. Le mag’ est dispo ici, pour environ 9 € (128 pages). Jeune motard passé par la 125, le supermot’ (Husqvarna), la sportive (Ducati 748) puis quelques autres motos de tout genre, il s’est laissé séduire peu à peu par la moto ancienne, la prépa, le côté cool de la moto. Sans faste, ce n’est pas son genre. Adrien et la discrétion forment une équation égale. Il a voulu lancer son mag’ parce que son métier de graphiste l’y incitait naturellement, mais surtout pour brûler l’inépuisable essence de sa passion plus ardemment. Et ce AYNIR est franchement top, plus beau que bien des mag’ vendus en kiosque, intéressant, rafraîchissant.

Preuve qu’il lui restait un peu de temps entre son taf et le mag’, Adrien organise depuis l’année dernière la Portnawak Race, genre de sessions fendardes sur l’un des petits circuits au sein du Castellet. Seule règle : l’âge de la moto + l’âge du pilote doivent dépasser les 60 ans.

Adrien n'aime pas trop se montrer...

Adrien n’aime pas trop se montrer…

F&L : Comment est venue l’envie de créer un fanzine moto, devenu quasi mag’ ?

Adrien : Je suis graphiste spécialisé dans l’édition, et évidemment passionné de moto. C’est donc naturellement que l’envie de créer un objet combinant mon métier et ma passion a germé un jour dans mon esprit. Tout s’est combiné assez vite, en quelques mois, entre la réflexion et l’impression du fanzine.

J’ai même quitté mon boulot dans une maison d’édition où j’ai tant appris pour me consacrer à cette aventure.

 Comment arrives-tu à réaliser tes reportages, sur qui peux-tu compter pour t’aider ?

Mon premier soutien, ce sont mes lecteurs ! Ceux sans qui le fanzine ne serait pas… Pour ne pas faciliter la tâche, en plus, j’ai une période de parution non régulière et trouver le fanzine nécessite une démarche personnelle… Qu’ils en soient mille fois remerciés de me suivre et me soutenir !

Ensuite viennent les auteurs, photographes, artistes, pilotes, organisateurs et traducteurs qui comprennent cette démarche d’échange entre passionnés et l’essence même d’un fanzine. Qu’ils en soient mille fois remerciés de me suivre et me soutenir (bis) !

Des heures devant mon écran d’ordi, l’oreille scotchée au téléphone ou un livre entre les mains… Être à l’écoute, échanger des opinions et m’étonner d’un texte, d’une photo ou d’une œuvre… Telle est ma manière de fonctionner pour la matière de AYNIR.

AYNIR.

AYNIR.

 Quel genre de moto te fait fantasmer ? Et quelle pratique ?

Ah, la question difficile. J’aime vraiment toute les motos… Bien sûr j’ai plus d’affinités avec certaines mais je les trouve toute intéressantes. Personnellement, plus je vieillis (relatif, à 35 ans), plus je trouve que le poids d’une moto doit être faible pour le fun. Pas besoin d’avoir 200 ch pour s’éclater mais une brêle de 350 kg, faut soit avoir un sacré niveau, soit une case en moins pour s’amuser avec.

L’essentiel de mes roulages se déroule sur route ouverte, autour de chez moi, dans ma Drôme provençale. Je pose également mes roues sur des pistes de flat track et sur le bitume d’un circuit de temps en temps, tout en gardant à l’esprit cette notion de plaisir intense.

 Dans l’idéal, comment aimerais-tu voir évoluer AYNIR ?

Je suis libre et je le resterai à vie ! Hors de question de s’imposer quoi que ce soit. J’aime ce côté « underground » dont jouit l’image du fanzine. Je ne serais jamais en kiosque. Mais j’espère au fond de moi que plus en plus de lecteurs à travers le monde adhèrent à cette philosophie, non pas pour une question financière – car je fais ça uniquement pour le plaisir –, mais j’aime l’idée d’échanger sur ma passion avec d’autres, au bout du monde comme à coté de chez moi. AYNIR demande un sacré investissement personnel. Peut-être soulager cette dose de travail en travaillant à plusieurs serait une solution pour plus de souplesse dans les dates de parution. AYNIR est en perpétuelle évolution. C’est étrange et excitant à la fois, ce sentiment de faire un objet personnel dans lequel je m’investis à 200% pour l’offrir à mes lecteurs.

Différentes de couv' de AYNOR, qui en est à son numéro 6.

Différentes de couv’ de AYNOR, qui en est à son numéro 6.

 Quel regard portes-tu sur la presse moto ?

Un regard bienveillant… J’achète quasiment tout ce qui sort en kiosque sur la moto… Ça fait un sacré budget croit moi ! Je comprends comment marche la presse – je viens de ce monde – mais je pensais que, dans le monde motocycliste, petit éditeur ou grand groupe, on serait capable un jour de s’asseoir autour d’une table pour manger dans la bonne ambiance, malgré les gros enjeux financier que représente chaque mag. Une utopie que la passion l’emporte sur la finance ? Sûrement ! Impossible ? Mais non, j’ai maintenant beaucoup d’amis et connaissance dans ce milieu de la presse moto que j’admire et qui sont très ouverts d’esprit. On a quand-même l’envie commune de faire plaisir au lecteur à la base…

 Et quel regard portes-tu sur les motos modernes ?

Il y a quand-même de sacrées machines. Autant de puissance dans une sportive, par exemple, avec une telle partie cycle… Ça fait rêver ! Après, est-ce plaisant à conduire quotidiennement, pour avoir la banane perpétuelle sous le casque ? J’ai essayé trop peu de motos récentes pour répondre. Les néo-rétros, c’est quand-même cool, avoir une moto à l’esthétique flatteuse dont le seul souci est de savoir dans quelle sens on tourne la clef. Les roadsters, les trails… Tout dépend de ce que l’on cherche mais y’a le choix avec des « armes » dans chaque catégories. Et j’aime l’évolution et le mouvement de toutes choses.

 L’époque est-elle rêvée selon toi pour la moto ?

Oui et non. Il est clair que la moto est passée par un statut d’innovation, de plaisir, de produit de consommation. On voit aussi de plus en plus de veilles motos impressionnantes autour de nous. Mais le revers de la médaille, c’est que ces anciennes que personne ne voulait il y a encore quelques années valent une fortune aujourd’hui. Ça me rend fou, car l’âme de n’importe quelle moto n’est plus accessible aux petites bourses. 3 mois de salaire pour un XT, faut pas déconner quand-même… Mais il y a des débrouillards et des raisonnables, donc je me calme de suite. Concernant les préparateurs et autres artisans de la moto, j’en côtoie assez pour savoir que même si pour la plupart ce n’est pas facile tous les jours, cet engouement a permis qu’ils vivent de leur passion et c’est beau. Et croiser un motard inconnu, se tirer la bourre gentiment sur quelques kilomètres pour se boire une bière ensemble, c’est vraiment cool… Mais ça je crois que ça n’a rien à voir avec l’époque.

Adrien et le dirt...

Adrien et le dirt…

 Qu’est-ce qui te scotche dans la moto ?

Cette capacité de nous surprendre. C’est quand même à la base deux roues et un moteur… Mais combien de fois je m’exclame de joie devant un bel objet qui surprend, dans l’ensemble ou pour un détail, que ce soit sorti de l’esprit des ingénieurs d’une grande marque où de l’imaginaire d’un préparateur. Wow !

 Tu bricoles ta ou tes motos ? Si oui, c’est un plaisir ou tu préfères rouler ?

C’est un ensemble. Quel plaisir de rouler sur une moto que l’on a préparée ! Quand je ne roule pas et que je ne suis pas en période « fanzine », la majeure partie de mon temps libre est pour bricoler mes motos (j’ai une Kawa 400 GPZ de 85, une Honda 500 XLS de 81 et quelques autres…). Vu mon niveau, je peux affirmer sans crainte qu’elles sont toujours en évolution. Mais j’essaye de les peaufiner au fur et à mesure. Heureusement que j’ai des potes en or qui m’aident dans cette démarche !

 Qu’as-tu appris sur le monde de la moto au fil d’AYNIR ?

J’ai beaucoup appris sur ma nature et celle des personnes… C’est marrant, non ? Un objet fait de métal et d’huile qui me fait découvrir des âmes.

 Quels sont les acteurs de la moto que tu aimerais rencontrer ?

Ben toi (rires) ! L’un des buts inavoué du fanzine est de rencontrer justement ces personnes qui gravitent dans cet univers. Et par le biais de visites d’ateliers, de rides et autres grands événements, j’ai croisé la route de pas mal de monde. Mais je suis loin d’avoir discuté avec toutes mes idoles. J’ai le temps, j’ai toute une vie ! Les grands noms sont tout à fait abordables dans la majorité des cas, et en échangeant quelques mots avec eux, je m’aperçois quasiment tout le temps que la ligne directrice du fanzine est la bonne : la moto, c’est juste du fun !

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