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Artistocratic Motorcyclist

Lorenzo est artiste, affichiste, chroniqueur de l’obscur et motocycliste comme il se définit lui-même. Il publie tous les deux mois une chronique dans le magazine Cafe Racer. Et poursuit ici sa précédente antienne, l’Aristocratic Motorcyclist.

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Petit résumé : ma série d’affiches Aristocratic Motorcyclist est un travail de faussaire amoureux. Autrefois publié dans le légendaire Cafe Racer, une des meilleures parutions de la presse papier (puis « Eloge de la vitesse » lui a fait suite et de nouvelles choses s’y préparent pour 2016). J’ai inventé pour la chronique que je tenais alors une série de couvertures d’un magazine imaginaire et fantasmé, mon idéal esthétique. Au second degré, j’y ai mis en scène – et en abîme – ma culture graphique et esthétique, ainsi que mon amour immodéré pour la pratique de la motocyclette… Ce mot avait d’ailleurs disparu du jargon de la presse moto comme de celui des bikers… Je ne fus donc pas peu fier de le faire revenir au devant de la scène. Hé hé. Chaque affiche retraçait finalement un souvenir, une émotion, des images de ma vie de motocycliste. Elles ont commencé à faire le tour du monde, de Shanghai à Mexico. Classieux, n’est-il pas ! Et merveilleux pour mon égo. Hélas, revers de la médaille, le temps pour rouler a commencé à me manquer, sautant sur les invitations des uns et des autres à rouler sur des machines dont j’ignorais jusqu’à l’existence, des trucs avec des pneus énormes, des positions improbables et des chevaux à ne plus savoir qu’en faire. On a eu de belles aventures, quelques frayeurs et le fond de nos bottes un peu humide : de beaux souvenirs quoi. J’ai rencontré des gens extraordinaires, et quelques fâcheux, il y en a toujours, dans un monde passionnel – passionnant – comme le nôtre, le monde « merveilleux » de la Motocyclette. J’ai surtout observé beaucoup de passion, et cela – bigre ! – c’est ce qui nous anime : l’amour de la pratique de la motocyclette ! Rouler. Rouler encore et toujours. Tant que ce n’est pas encore interdit. Mais une frustration allait grandissante : je ne voyageais plus avec Ma machine. Quand Fast&Lucky m’a parlé de la rubrique 48 H, j’ai tout de suite « flashé » sur l’idée : partir, avec une bécane de mon choix, dévorer de la borne et profiter de la route et des paysages. Cela faisait presque cinq années que je ne l’avais pas fait avec MA motocyclette, ma précieuse, mon antiquité, mon poussif tacot, mon bon vieux flat… Je me suis dit que j’avais oublié le plaisir de rouler seul, sur ma préhistorique pétrolette, comme quand j’étais jeune et beau. Pas trop de freins, largement plus de 40 années d’existence, un bitza home made approximatif, une tenue de route vintage : bref, le bonheur… Pour ce qui est du Fast, c’était pas gagné mais pour le Lucky, si je terminais mes 48 H sans panne, je serais dans le ton… Alors, au lieu de filer emprunter une Nine-T ou la dernière Triumph à la mode (quoi que j’ai quand même hésité à emprunter la Honda CB 1100 qui ferait mon bonheur comme douce compagne quotidienne – si Madame ou Monsieur Honda lisent ces lignes, elle mérite un Aristocratic Poster !). Bref, j’allais faire mes 1200 bornes et mes 48 H avec MON Flat. La bête n’était pas révisée, sa dernière vidange datant du paléolithique, je n’avais pas le temps de tergiverser. Je me suis donc fixé d’aller boire un café sur les bords du Lac Léman, en Suisse (n’allez pas croire je ne sais quoi…) Environ 500 bornes, 9 heures de route en évitant les grands axes. Parfait. Mais un poil court. Par chance une bonne amie, charmante, avait établi son campement au fond des bois, dans le Jura, du côté de Grande Rivière, ce qui m’évitait l’inconfort de la toile de tente, me promettait un drink digne de moi à l’arrivée, ainsi qu’une bonne gamelle chaude et le tendre réconfort de l’amitié… Et m’ajouterais quelques kilomètres de balade. Pour parfaire le road-trip, pas question de GPS ( je déteste ce truc qui rend con), mais de la bonne veille carte périmée. Un matin d’août, sans réfléchir j’ai préparé un maigre bagage d’aventurier, embarqué un casque de plus (oui moi je peux faire ça, j’ai des valises ! Imaginez que je croise une auto-stoppeuse…), vérifié si j’avais encore un peu d’huile, jeté un coup d’œil aux câbles, à la pression de mes beaux Avon (ça c’est de la publicité). Cela m’a remémoré un de mes meilleurs voyages en Guzzi Le Mans. J’ai décidé en rentrant que j’allais faire une affiche Aristocratic motocycliste avec mon ex-guzz’ pour Fast&Lucky. Puis j’ai filé, un sourire aux lèvres, ne pensant plus qu’à rouler. Enfin. En commençant à imaginer le texte de cette chronique que j’avais envie de reprendre ici même…
à suivre

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