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H-D Project Livewire

210 kg, 70 Nm et 75 ch… Enfin 55 kW

Par Antoine Lobry.

 Malgré toute la nostalgie qui nous habite, il ne faut pas être complètement réactionnaire et tâcher de vivre avec son temps. Comme Harley-Davidson, qui se tourne vers l’avenir avec un prototype de moto électrique qui surprend. La marque précise que cette moto n’a pas été développée dans le but d’être commercialisée pour le moment. Elle utilise ce prototype comme un thermomètre, pour étudier nos réactions, installer peu à peu ce genre de motorisation dans notre paysage.

La Project Livewire (tel est son nom) est un vrai petit roadster très différent des cruisers habituels, avec une position légèrement sur l’avant qui invite clairement à aller « jouer ». Rien n’est choquant sur la moto, rien ne dépasse et finalement elle est assez belle. Le moteur électrique planque ses plus mauvais aspects, réussi d’un point de vue design et intégration. La moto pèse 210 kg, avec un cadre en alu de 6,3 kg et un moteur développant 70 Nm (7,1 mkg) et 75 ch.

La Livewire propose deux modes de conduite : « Standard » et « Power ». Sur le premier mode, l’autonomie est de 85 km et en mode Power, elle chute à 47 km. Un peu short mais ça reste un prototype. Harley annonce un temps de chargement d’environ 3h sur une prise au 220 V.

On allume la moto comme une Gameboy. On appuie sur « On » et rien de plus. Il suffit simplement de sélectionner le mode « Standard » ou « Power » dans le menu de l’écran tactile qui fait office de tableau de bord.

Avant même d’avoir tourné la poignée d’accélérateur, je commence déjà à me poser la question « Est-ce qu’on a vraiment envie de finir là-dessus ?« . Figurez-vous que oui. Pourquoi pas ! Soyons honnêtes, ça marche fort et ça pourrait en surprendre plus d’un. Essorer la poignée reste toujours aussi jouissif. Avantage de l’électrique, les watts sont disponibles tout le temps. Et sans boîte de vitesse, je me concentre sur les trajectoires.

Et le bruit ? Il est cool. Il est même très cool. Le générateur électrique résonne dans le carter en alu et produit un petit son de turbine. Il donne vraiment une impression de puissance. Surtout quand on pousse la moto à fond et que la sonorité monte dans les aiguës. Les chevaux électriques sont transmis à la roue arrière par une courroie, comme toute Harley qui se respecte.

On a roulé sur le circuit Michelin de Ladoux pour tester la Livewire.

Il faut aussi s’habituer à un autre vocabulaire, commun aux TGV ou machines à laver. Sur la Livewire, c’est un moteur à induction, dit asynchrone, à courant alternatif triphasé, et non un brushless (sans balais) à aimants, qui lui est un moteur synchrone. Ok, on va y aller en douceur. Le moteur à induction a l’avantage d’être plus consistant dans le temps et moins sonore.

Je regardais cette machine avec scepticisme, mais c’est une fois en selle que les plus gros doutes s’effacent. Il n’empêche que d’autres questions viennent se poser quant à l’avenir et à l’utilisation des motos électriques. Nous avons eu la preuve concrète que l’autonomie des motos électriques n’est pas encore démontrée. La moto électrique peut pour le moment s’envisager sur piste, et résoudre ainsi tous les problèmes liés au bruit sur les circuits français (idem pour le tout-terrain). D’autre part, l’électrique donne des éléments de réponse quant à une utilisation urbaine et/ou utilitaire. Les trajets sont généralement plus courts, cela nous reviendrait moins cher en énergie pour des trajets hors « loisir » et on verrait la pollution de l’air et sonore diminuer dans les villes.

Mais est-on prêt à cela ? Non bien sûr. Les marques de moto y vont avec parcimonie, lâchant un proto par-ci par-là, pour nous préparer, tâter le terrain. Elles attendent aussi un autre élan technologique, des volontés politiques…

Le patron de Harley, Matt Levatich, s’est engagé à ce qu’une moto électrique soit dans les concessions d’ici 2020.

Eternel recommencement, le moteur électrique n’est pas nouveau. Avant la première guerre mondiale, plus d’un tiers des véhicules vendus aux Etats-Unis étaient électriques. Mais les moteurs à explosion, fonctionnant au pétrole, les ont rapidement supplantés grâce à leur autonomie supérieure. Aujourd’hui, les pays dépourvus de ressources naturelles fossiles cherchent une solution pour s’émanciper, l’électrique promet la meilleure solution grâce au nucléaire avant tout. Et le taux d’émission direct est quasi nul (juste les particules dégagées au freinage). Problème majeur sur une moto, l’encombrement réduit, peu propice aux larges batteries. Yves Kerlo, avec ses petites sportives Ker, s’était engagé dans la production de quelques motos mais avait rencontré des problèmes d’approvisionnement auprès des différents fournisseurs.

Mais les progrès techniques ne tarderont pas. On sait que Kawasaki s’investit depuis 2012 dans le développement de l’électrique pour sa branche moto.

Retrouvez la vidéo de l’essai ici.

Restez Fast !

4 commentaires sur “H-D Project Livewire

  1. Elle me fait « triper » cette moto.
    Si elle était sur le marché, avec un peu de sous je pense que je ne serais pas trop long pour craquer…

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