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Kawasaki Z 1000 J F&L en endurance VMA !

Austérité et postérité

On ne savait pas trop quel genre de concurrence allait nous donner du fil à retordre. En prévision du prochain Bol d’Or Classic, où F&L et Moto Revue Classic feront équipe dans le team MotospotMoto Revue Classic, Hans Kuhl (en allemand ça passe très bien), célèbre préparateur et ancien concessionnaire Kawasaki à Rennes connu sous son nom de guerre Motoshop 35 (de glorieuses heures aux 24 Heures du Mans et au Bol d’Or dans les années 90 jusque début 2000), voulait terminer la mise au point de la Kawa Z 1000 J dudit Bol lors d’une manche d’endurance VMA (championnat de Vitesse Motos Anciennes) de 4 heures sur le circuit Carole.

Ambiance quasi familiale dans le team Motosport-Moto Revue Classic, avec Gérard Jolivet dans sa célèbre combi jaune et Christophe Gaime à gauche.

Ambiance quasi familiale dans le team Motosport-Moto Revue Classic, avec Gérard Jolivet dans sa célèbre combi jaune, Christophe Gaime à gauche, Loulou le mécanicien à droite, et Véronique.

Christophe Gaime, rédacteur en chef de Moto Revue Classic, et moi découvrions les motos engagées cette année en endurance VMA : de plus en plus de GSX-R 750 et autres ZXR 750, sans compter les CBR 600 de 1991 et les Honda VFR 400 R. Les Kawa Z 1000 ou Suzuki GSX 1100 commencent à passer pour de véritables antiquités. Le règlement sépare heureusement ces motos en des classements différents, mais toutes se retrouvent au sein de la même course pendant ces 4 heures. La catégorie Postclassic, dans laquelle nous étions engagés, accepte les motos jusque 1983. La catégorie Open accueille les motos produites entre 1984 et 1991. Or le milieu des années 80 a connu un sacré tournant avec l’arrivée des véritables réplicas de course, les premières vraies sportives, qu’étaient la Suzuki GSX-R en 1985 puis la Yamaha FZR en 1987, la Honda RC 30 en 1988 et la plus tardive ZXR 750 sortie en 1991, après la Stinger. Le cadre en aluminium a bouleversé la tenue de route, suivi par les pneus à carcasse radiale (Michelin en 1987), qui ont ouvert une course folle à la puissance.

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Notre Z 1000 J de 1982, avec son cadre en tubes d’acier et ses jantes de 18 pouces, passe pour un dinosaure. Aussi bien préparée soit-elle, point de salut parmi ces fusées de la seconde moitié des années 80 (aujourd’hui perçues par les plus jeunes comme de nouveaux dinosaures…). Hans a quand-même trouvé 120 ch au quatre cylindres à culasse 8 soupapes, grâce à un minutieux montage, une rampe de carbus Keihin et une ligne d’échappement Micron. Il a amélioré la partie-cycle autant que possible avec un bras oscillant de Kawa ZRX 1100, une fourche de Kawa 1000 RX rallongée de 2 cm, une jante avant de GSX-R 750 de 1985 et quelques autres astuces de sorcier.

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Nous nous sommes concentrés sur notre catégorie, Postclassic, en essayant d’occulter les chronos des Open. Gérard Jolivet, fameux pilote d’endurance à la carrière impressionnante (de 1977 à 2006, avec le record de participations aux 24 Heures du Mans (25)) est venu nous épauler, nous nous partagions donc à trois la Z 1000 de Hans. Qualifiés en troisième position en Postclassic et quatorzième au général, sur 36 équipages, nous n’avons fini que quatrième dans notre catégorie et onzième au général. Car, outre le talent des pilotes devant nous, une autre particularité technique séparait encore notre Kawa des Suzuki GSX 1100, la culasse seize soupapes de ces dernières et leur puissance plus importante contre laquelle il nous était difficile de lutter. Sans compter nos ravitaillements plus nombreux puisque nous étions trois, quand nos concurrents roulaient à deux. Bref, pas simple l’endurance classique.

Les inaccessibles GSX-R, trop performantes pour nous...

Les inaccessibles GSX-R, trop performantes pour nous…

L’expérience a ainsi mis en valeur la spécificité de ce genre de courses, qui tient à l’histoire particulière de chacune des motos engagées mais aussi à l’histoire de la moto en général. Le cadre alu a bouleversé cette dernière, de même que les jantes de 17 pouces avec les pneus radiaux, le monoamortisseur et l’évolution faramineuse des suspensions dans le même temps. Ces partie-cycles d’un nouveau genre ont permis de gonfler la puissance des sportives, dont descendent celles que nous connaissons aujourd’hui, enrichies d’équipements électroniques.

Gérard, au terme de ses 50 minutes de relais.

Gérard, au terme de ses 50 minutes de relais.

Tout ça pour dire que les Honda Bol d’Or, Kawa Z 1000, Suzuki GSX 1100, sans parler des Yamaha XS 1100 (Yamaha était pauvre en catégorie grosse cylindrée performante au tout début des années 80), Ducati TTF1 ou autres BMW R 90 S, vont peu à peu disparaître des courses d’anciennes (à moins que des courses particulières leur soient réservées). Parce que l’histoire avance.

Rendez-vous au Bol d’Or Classic les 17 et 18 septembre prochains et suivez en attendant le fil de nos péripéties sur le réseau motard Motospot, groupe Bol d’Or Classic MRC !

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