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L’atelier tchèque Gas & Oil

La Custom Culture, vague mondiale. Episode 1

Par F&L en collaboration avec le magazine Moto Revue Classic, photos Jakub Frey.

La Custom Culture n’est pas tout à fait une nouvelle approche de la moto. Les bidouilleurs ou préparateurs hyper talentueux ont toujours existé, des mécaniciens fous des années 20 ou 30 au tuning des années 80/90, en passant par les racers des années 60. Très axée sur l’esthétique, le style, elle traverse maintenant toutes les frontières. Parce qu’elle draine de la convivialité, une sorte de ‘back to basics’ et pas mal de lassitude du ‘toujours plus’ (puissance, look louche, électronique etc.), mais aussi parce qu’elle correspond à une nouvelle façon de rouler, plus cool, en phase avec les gros axes radarisés. On va essayer de se faire une vue large de la Custom Culture à travers le monde. Pour éviter de tomber dans des préjugés ras du plancher, et pour croiser de nouvelles têtes. Premier épisode en République Tchèque.

Gas&Oil est un petit atelier tchèque créatif, tenu par Matej Sysel. S’il travaille souvent sur des japonaises des années 80, Matej aimerait surtout restaurer et préparer des motos tchèques. Et anglaises. Il a installé son atelier dans une ville industrielle du sud de la République Tchèque, pas très loin de la frontière autrichienne, connue pour sa marque de bière Budweiser, identique à la marque américaine à laquelle elle tient tête depuis des dizaines d’années, au point de détenir le record du plus vieux conflit commercial connu au monde.

Matej persévère lui dans la prépa moto, au sein de l’atelier Gas&Oil Bespoke Motorcycles dont il nous en conte l’histoire, quelques jours après un énorme custom show qui s’est tenu à Prague fin octobre.

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F&L : Quand as-tu fondé Gas&Oil ?

Matej : J’ai l’impression que c’était hier… L’idée m’est venue en 2014, j’en ai parlé à quelques potes, le nom de l’atelier a surgi au même moment. Un an plus tard, j’étais ici, dans une petite rue de Ceske Budejovice, avec déjà quelques motos à préparer.

F&L : Quel métier exerçais-tu auparavant ?

Matej : Je travaillais dans l’animation digitale et le dessin animé, en tant que technicien. Ce boulot me plaisait mais j’aimais déjà la mécanique, la moto et l’aventure. Je voyais un nouveau style arriver, que vous connaissiez déjà à l’ouest, mais ici les modes nous viennent toujours avec un peu de retard… Quand j’étais môme, je n’avais ni mob ni moto, et personne n’en faisait dans ma famille. Mon attraction pour la mécanique m’est apparue chez mon grand-père, il avait un atelier de mécanique, quelques tracteurs, des vieilles bagnoles, des armes qu’il démontait pour les entretenir… J’adorais cet univers. Plus tard, quand j’étais étudiant, j’ai rencontré ma copine, Jindra. Elle fréquentait un milieu motard passionné de vieilles Harley et d’Indian. C’était très rock. C’est là aussi que j’ai découvert les anglaises des années 50 et 60, l’esprit de l’Ace Cafe… J’ai été happé !

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La Honda CX 500 Grey Eminence

F&L : Avec quelle moto tu roules au quotidien ?

Matej : Toujours ma première, une Yamaha SR 500 de 1984. Je lui dois tout, c’est elle qui a subi mes premières tentatives de customisation. Elle a changé trois fois de style depuis, j’ai beaucoup appris avec elle. Son moteur a pas mal évolué, je me suis acharné à lui trouver des chevaux.

La Yam SR 500 de Matej.

La Yam SR 500 de Matej.

F&L : Tu fais tout toi-même ?

Matej : J’essaie autant que possible, par manque de moyens et par volonté d’apprendre. Je me suis plutôt spécialisé dans le réglage de carburation, de suspensions et dans la peinture. Si on peut parler de spécialisation… Je compte sur Oliver pour la mécanique, bien que j’en fasse pas mal aussi. Nous nous débrouillons avec des potes pour les pièces à tourner ou à fraiser, ils les font sur leur lieu de travail. De toute façon, chaque nouvelle moto est un challenge. J’ai pas mal sué autour d’une Honda CX 500, toute moto a ses particularités.

La Honda Dominator 650 Scarface Six Days.

La Honda Dominator 650 Scarface Six Days.

F&L : Quelles sont les motos qui te font rêver ?

Matej : Il y en a un paquet ! Les Triumph passées en scrambler des années 60, la Montesa Cota 172, la BMW R80 GS, la Yamaha XT 500, une BSA 650… Les voyages m’excitent aussi beaucoup, j’adorerais pouvoir partir dans les montagnes de Roumanie, d’Ukraine ou de Macédoine avec un scrambler. Faire un trip en Afrique du Nord avec une BMW R 1100 GS. Ou traverser les Pyrénées d’est en ouest avec Old Fox. C’est comme ça que j’ai nommé ma SR 500.

F&L : Comment tu vois évoluer le monde de la prépa ?

Matej : Je suis impressionné par le nombre d’amateurs qui modifient eux-mêmes leur moto. Ils y passent un temps fou mais arrivent à de super résultats. Je m’en suis rendu compte lors des dernières Wheels&Waves à Biarritz. J’y ai vu des motos incroyables, je me demande jusqu’où cette tendance va nous porter. J’admire le travail des allemands d’Urban Motor, leur petite Jawa 350 de sprint renouvelle le style, apporte d’autres idées. Pas uniquement parce que c’est une moto d’origine tchèque, bien sûr… Mais je reste fidèle à l’idée originelle du café racer, une moto minimaliste, facile, performante, dont l’unique but est d’arriver la première au bar.

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