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Le motard derrière Fast&Lucky…

J’me lance…

Par Zef.

Je déteste me mettre en avant. La preuve (c’est pourtant vrai que je n’aime pas ça)… Mais par souci de cohérence, je rebondis sur un truc qui m’est venu à l’esprit en écrivant le sujet sur la presse moto, ici. Je n’y avais jamais pensé mais je reconnais que, quand on lance un site moto, il est normal que ses lecteurs sachent quel genre de motard se planque derrière.

Je vais tracer rapidos mon parcours motards, photos à l’appui (tout en bas).

Mon grand-père au guidon, sur un side Indian, en 1944.

Mon grand-père au guidon, sur un side Indian, en 1944.

J’ai commencé la moto à 17 ans sur une Yam’ 125 DTLC. Un peu par hasard. Mon grand-père était motard, il avait eu des FN ou des Motobécane, a fait la guerre sur un side-car Indian, mais il ne m’a pas communiqué sa passion. Gamin, je rêvais d’être pilote de rallye auto. Bref, à 16 ans, j’ai rencontré mon meilleur pote, Richard, qui m’a initié à la bécane. Ce fut foudroyant. J’ai bossé un été à l’Imprimerie Dieppoise et me suis payé cette DTLC. Ensuite, ça a été incessant. Honda NSR 125 huit mois plus tard, Honda VFR 750 à 18 berges, Honda CBR 900 à 20 ans (neuve, crédit payé par mon salaire de pion), puis deux Yamaha FZR 600 etc. C’est avec la CBR 900 que j’ai appris l’essentiel d’une moto à mes yeux : la légèreté et l’équilibre. Le caractère moteur n’a jamais été un critère vraiment déterminant pour moi (mais je comprends qu’il le soit pour beaucoup). Ensuite, je n’ai quasi eu que des petites cylindrées (enfin ce qu’on appelle petites cylindrées aujourd’hui, de la 250 à la 600…).

En 1990, je suis allé pour la première fois de ma vie aux 24 Heures du Mans en spectateur, avec mon NSR 125. J’ai compris là que j’étais l’un de ces motards souvent détestés aujourd’hui par une certaine « aristocratie » de la moto (j’apprécie très peu les obtus). J’ai adoré l’ambiance. Le camping. Les bières. Les ruptures. La famille moto etc. Je suis toujours au fond ce motard dit « bas du front ». J’y suis retourné trois fois ensuite (puis les ai couru dix fois plus tard, je n’osais alors même pas en rêver).

Je roulais comme un con, comme on roulait au tout début des années 90. A fond. Partout, tout le temps. J’alignais les bornes comme on alignait les canettes dans les campings des 24 H. Je ne voyais alors que par les sportives, c’était l’époque des GSX-R tapées, ZXR 750 hurlantes…

J’ai eu mon seul gros carton de ma vie en 1993, avec la CBR 900. Elle est allée s’écraser sous un tracteur à 160 km/h, je m’en suis sorti par miracle avec un pinçard au pouce. Là, mon concessionnaire dieppois (Bruno Moto) m’a conseillé de passer au rythme inférieur. J’ai acheté un 400 ZXR, il m’a payé un stage de pilotage sur le circuit du Mans. Je ne savais pas qu’on pouvait rouler dessus sans être pilote. C’était les Journées K, encadrées par Jehan d’Orgeix, Stéphane Coutelle et Adrien Morillas. Je n’avais aucune idée de comment rouler là-dessus, ils voulaient absolument que je déhanche pour poser le genou mais je n’en comprenais pas l’intérêt. A l’époque, les journées K se terminaient par une course, que j’ai remportée avec mon 400, devant les 750 ZXR et ZX9-R. Adrien Morillas et Stéphane Coutelle m’ont alors conseillé de courir.

Courir… Où ? Comment ? Avec quoi ? Bruno Moto m’a alors vachement aidé, mais lui aussi découvrait ce monde. Mes potes m’ont soutenu. La première saison en Coupe 400 Promosport (avec ma ZXR 400) s’est malheureusement bien passée. Je me suis senti pousser des ailes…

En 1996, j’ai cru que j’allais tout déchirer en CB 500 Cup. Un certain Sébastien Charpentier  a tout gagné cette année-là… Moi, j’ai en effet tout déchiré. Quasi une chute à chaque course. 1997 fut identique, toujours en CB 500 Cup (j’ai également fait le championnat de Normandie d’enduro et les 24 Heures du Mans pour la première fois cette année-là). Ruiné à la fin de la saison (je n’ai jamais eu d’autres sponsors que mon concessionnaire, j’étais incapable de démarcher qui que ce soit), j’ai arrêté et repris mes études. Je roulais alors en Honda 650 Dominator.

Alors que je préparais le concours pour devenir prof’, après une maîtrise de philo, j’ai répondu à une petite annonce dans Moto Journal. Un canard cherchait un rédacteur moto. J’ai postulé, c’était pour Option Moto. Le mag’ venait tout juste d’être racheté par Eric de Seynes, aujourd’hui patron de Yamaha Europe. J’ai été engagé et formé au journalisme moto par l’excellent Claude de la Chapelle.

Je suis resté un an à Option, où j’ai appris le tuning, la prépa, rencontré des mécaniciens hors pair. Un an plus tard, Moto Journal m’a débauché, pour devenir essayeur. J’ai retrouvé le bonheur de rouler. Plus que jamais, à raison d’environ 40 000 km par an pendant dix ans ! A tester toutes les motos fraîchement sorties ! Même pas en rêve je n’aurais osé y songer dix ans plus tôt, quand Moto Journal était mon ouvrage de chevet.

Depuis, je m’accroche, pour rester dans cette bulle de rêve, ne pas retomber brutalement comme en 1997, après avoir arrêté la course. Que j’ai retrouvée grâce à MJ. 24 Heures du Mans en 2004 avec une Aprilia RSV 1000 et etc. J’ai couru en endurance (et un peu en vitesse) sans arrêt entre 2004 et 2013, dont les 8 Heures de Suzuka en 2010 (souvenir énorme !), les 8 Heures de Doha, les 6 Heures de Bahreïn, dix fois les 24 Heures du Mans, 7 fois le Bol d’Or… Etant le reste du temps essayeur à MJ !!!

J’ai commencé à m’intéresser vraiment à l’histoire de la moto en 2009. Avant, j’étais ce que les vieux appellent un jeune con (je le suis probablement toujours, mais plus vraiment jeune). J’ai réussi cette année-là à faire ce dont je suis le plus fier de ma carrière de motard : engager la RC 30 Moto Journal aux 24 Heures du Mans. De l’idée initiale au projet final, j’ai quasi tout gérer. Nous l’avons pilotée avec David Dumain et Laurent Cochet.

J’ai quitté Moto Journal en 2012 pour rejoindre les Editions du Dollar (Cafe Racer), qui lançait un magazine dédié à la moto anglaise dont j’étais le rédacteur en chef : Twin&Triple. Il n’a duré que deux ans. J’ai appris là-bas la vraie culture moto, mais aussi la nouvelle vague de la prépa.

L’échec de Twin&Triple a conduit à mon licenciement économique en 2015. Et j’ai créé Fast&Lucky à la fin de cette même année. On y est. Je pige également pour Moto Revue Classic, Moto Revue et quelques autres magazines au coup par coup. Je tiens aussi la rubrique moto de l’émission télé V6, sur la chaîne AB Moteurs. Enfin, je travaille pour les Editions Hachette avec mon pote Michaël Levivier où nous nous occupons de la partie moto. Notre premier livre sur l’histoire de la marque Triumph sort en septembre 2017.

Les photos ci-dessous donnent un aperçu du motard que je suis, vous savez quasi tout.

J’ai eu 27 motos depuis 1989 (Dominator 650, Transalp 600, Kawa KLX 250, 125 GN, VFR 400 R, CL 350 Honda etc. Je ne vais pas toutes les montrer). Je roule aujourd’hui en Honda CBF 600 et Yamaha XT 350.

J’ai toujours privilégié la pratique de la moto à tout le reste. D’où mon goût pour le rallye (Ain, Dourdou, Sarthe, Garrigues, 6 fois le Moto Tour…), l’endurance mais par dessus tout la route. Rouler loin, longtemps, surtout sur le réseau secondaire, les routes minuscules. J’accorde donc sur F&L autant d’importance à la pratique qu’à « l’objet » moto, avec ses caractéristiques propres. Et de plus en plus d’intérêt à son histoire (j’ai écrit en 2017, pour la FFM, l’histoire du circuit Carole, passionnante, qui m’a permis de faire mon premier livre). C’est tout ça que j’ai envie de partager sur F&L. Ah, et je suis un inconditionnel de la petite cylindrée. Toujours pour ces histoires de poids et de petites routes…

Mon seul regret, n’avoir jamais pu faire le Tourist Trophy. J’ai été engagé au Classic TT en 2014, mais la moto n’a pu être prête à temps (une Vincent Godet 500, réplique de Grey Flash).

Ma première moto, une Yam' 125 DTLC de 1987.

Ma première moto, une Yam’ 125 DTLC de 1987.

 

Mon NSR 125 Rothmans (et la BX de mon père, superbe :-) )

Mon NSR 125 Rothmans (et la BX 14 RE de mon père, superbe :-) )

 

Ma VFR 750 aux 24 Heures du Mans 1992. Avec mes potes et ma nana d'alors dessus.

Ma VFR 750 aux 24 Heures du Mans en 1992.

 

Ma CBR 900 RR après le tracteur...

Ma CBR 900 RR après le tracteur…

 

Ma première FZR 600.

Ma première FZR 600.

 

Puis en FZR 400 sur le circuit de Maison Blanche, lors d'un Yamaha Road Show.

Puis en FZR 400 sur le circuit de Maison Blanche, lors d’un Yamaha Road Show.

 

Ma ZXR 400 de 1995.

Ma ZXR 400 de 1995.

 

La même ZXR 400 version Promosport.

La même ZXR 400 version Promosport, au Castellet en 1995.

 

En CB 500 Cup à Carole, en 1997.

En CB 500 Cup à Carole, en 1997.

 

Au Moto Tour en 2003, avec Bruno Bonhuol de dos et le concessionnaire Michel Haubois qui me fait le plein.

Au Moto Tour en 2003 (Multistrada 1000), avec Bruno Bonhuil de dos et le concessionnaire Michel Hautbois qui me fait le plein.

 

Au Bol d'Or 2004, sur la Suz' GSX-R 1000 Cottard Motos, avec Luc pour coéquipier (hommage). Et Christian Sarron au conseil.

Au Bol d’Or 2004, sur la Suz’ GSX-R 1000 Cottard Motos, avec Luc pour coéquipier (hommage). Et Christian Sarron aux conseils.

 

24 Heures du Mans 2005, avec Frédéric Bolley et Enjulien Enjolras comme coéquipiers.

24 Heures du Mans 2005, avec Frédéric Bolley et Julien Enjolras comme coéquipiers.

 

En Boxer Cup au Mans en 2005, en baston avec David Dumain (50).

En Boxer Cup au Mans en 2004, en baston avec David Dumain (50).

 

Ma Suz' DR 800 en 2009.

Ma Suz’ DR 800 en 2009.

 

Sur la Honda RC 30 aux 24 Heures du Mans 2009 !!!

Sur la Honda RC 30 aux 24 Heures du Mans 2009 !!! Photo : Jacky Ley.

 

Au Bol d'Or 2009, sur la Yam' R1 de SH Technologie.

Au Bol d’Or 2009, sur la Yam’ R1 de SH Technologie.

 

Essai d'une Moto Guzzi 500 GTW de 1937 pour Moto Journal.

Essai d’une Moto Guzzi 500 GTW de 1937 pour Moto Journal. Photo : Mathias Lacombe.

 

Aux 8 Heures de Suzuka en 2010.

Aux 8 Heures de Suzuka en 2010.

 

Au Moto Tour 2010 sur une GSX-R 750.

Au Moto Tour 2010 sur une GSX-R 750.

 

Aux 24 Heures du Mans 2010.

Aux 24 Heures du Mans 2010.

 

Ma Triumph Daytona T 595 i de 1997, en 2012.

Ma Triumph Daytona T 595 i de 1997, en 2012.

 

Au Bol d'Or Classic à Magny-Cours en 2014.

Au Bol d’Or Classic à Magny-Cours en 2014, sur une Honda CB 1100, avec Alain de Tollenaere (le préparateur et coéquipier). Photo : Pascal Bléjean.

 

Ma 650 Dominator de 1989, en 2015.

Ma 650 Dominator de 1989, en 2015.

 

A Classic TT de Gedinne en 2015, sur la Ducati 350 Desmo de Ludo Crazy Racers.

Au Classic TT de Gedinne en 2015, sur la Ducati 350 Desmo de Ludo Crazy Racers.

 

Le dernier numéro de Twin&Triple en 2015...

Le dernier numéro de Twin&Triple en 2014…

 

Ma Yamaha XT 350.

Ma Yamaha XT 350.

 

Au rallye des Garrigues 2016, sur la TDR 250 de Stéphane Guéguin. Photo : Laurent BERTHE -

Au rallye des Garrigues 2016, sur la TDR 250 de Stéphane Guéguin. Photo : Laurent BERTHE –

 

Au Bol d'Or Classic en septembre 2016, sur une Kawa Z 1000 préparée par Hans, de Motoshop 35 !

Au Bol d’Or Classic en septembre 2016, sur une Kawa Z 1000 préparée par Hans, de Motoshop 35 ! Photo : Didier Constant.

 

Ma brave Honda CBF 600. Photo Alex Krassovsky.

Ma brave Honda CBF 600. Photo Alex Krassovsky.

6 commentaires sur “Le motard derrière Fast&Lucky…

  1. Beau parcours ! Et belles bécanes. Môssieur a du goût… en plus d’être un grand pro ! Content de te connaître Zef et de pouvoir collaborer à Fast& Lucky à l’occasion. Au plaisir de te croiser cet été.
    Amitiés
    Didier

  2. Wahouuu ! Quels souvenirs fabuleux !
    J’admire ce que tu réalises et apprécie vraiment la manière dont tu nous amènes à réfléchir, à partager notre passion:)
    Longue vie à Fast & Lucky !
    (Et ça me paraît pas déconnant de toucher au grisbi pour que l’aventure continue …)
    Bonnes bises de Beaune

  3. En tant qu’ex-élève du feu lycée en question, je confirme le passé de pion.
    Désolé pour les heures sup. du samedi matin liées à mon comportement rebelle !
    Parmi les motos qui me faisaient saliver devant le bahut ( moi qui n’avais l’âge de « piloter » q’une MTX 50), une XT600 trainait de temps en temps, il me semblait que c’était la tienne mais ma mémoire me fait peut-être défaut…
    Au fait, tu permets que je te tutoie ? C’est qu’entre les années lycée et mon abonnement de plus de 15 ans à MJ, j’ai un peu l’impression de t’avoir côtoyé régulièrement, la proximité des célébrités !
    Si tu n’es pas à l’origine de ma passion pour la moto, tu y as contribué !
    En tous cas, j’apprécie vraiment le style de tes articles et suis ravi de les retrouver sur F&L, continue à me faire rêver!
    V motard et bonne continuation.

  4. Merci de nous dévoiler ton parcours ! Avec autant d’années (et tant d’autres à venir) à rouler et courir, le site peut encore être alimenté de plein d’anecdotes !
    J’ai (très) rarement pris un abonnement à un magazine… Sauf T&T dès son deuxième numéro ! Je roulais en T595 dont j’ai toujours le son en mémoire, mais c’est loin d’être la seule raison…
    Alors longue vie à F&L.

  5. Pkoi une cbf 600? On aime vraiment la moto quand on roule la dessus ??? J’ai des doutes…
    Ou alors c’est un syndrome spécial, comme les mécanos moto, tjs sur des breles d’un autre âge et dans un état…lol

  6. Sacré parcours ! Et contrairement à beaucoup qui ne font pas grand chose d’autre que parler, tu restes incroyablement modeste pour un mec qui en a vu autant… C’est toujours un plaisir de te lire. Longue vie à F&L !

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