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Les Harley-Davidson 2018 !

Métempsycose

Par Michaël Levivier, jamais indifférent face à une Harley. Photos H-D.

Pour 2018, Harley-Davidson envoie du lourd ! Disparition des Dyna. Naissance d’une toute nouvelle gamme Softail, revue de fond en comble. Un sacré pari pour la Motor Company américaine : moderniser ses big twins sans trahir l’âme brute et authentique qui les anime, sur laquelle la marque de Milwaukee a bâti son succès. Une véritable métempsycose, quoi !

Du grec ancien, metempsúkhôsis, la métempsycose signifie le passage d’une âme d’un corps dans un autre. L’âme Harley-Davidson sera-t-elle au rendez-vous des nouvelles Harley 2018 ? Avec le lancement de sa nouvelle gamme Softail, Harley-Davisdon chamboule les idées reçues, bouscule les conventions, rue dans le brancard d’un conservatisme chevronné qui, pourtant, la caractérise aux yeux de nombreux motards et bikers. Les fans de guidons bracelets nippons ne goûteront sûrement pas ce changement profond en survolant d’un rapide coup d’œil désabusé cet article dédié aux nouvelles motos de Milwaukee. « Quoi, des nouveautés Harley ? Encore une histoire de paillettes et chromes… », ricaneront-ils dans leur barbe, qu’ils n’osent assumer plus de trois jours. Le millésime 2018 propulse la marque dans une modernité plus assumée que jamais. A commencer par l’impressionnant Fat Bob, l’une des machines qui s’impose en fer de lance de cette « révolution du big twin custom » que vient de déclencher Harley, ainsi que l’annonce la com’ officielle.

La gamme Softail 2018.

La gamme Softail 2018.

 Gros chantier

« Les nouveaux Softail sont le résultat du plus grand programme de recherche et développement dans l’histoire de la marque », affirme Paul James, manager du Product Portfolio Harley-Davidson (de la gamme de produit, autrement dit). Des milliers d’heures de recherches et d’essais ont été nécessaires pour concevoir de A à Z ces nouveaux Cruisers. Nous avons cherché à faire évoluer l’expérience de conduite globale vers un niveau supérieur, où l’authenticité, l’héritage et l’âme rencontrent la technologie la plus récente pour offrir une conduite qui se doit d’être vécue. » Phares à leds pour tout le monde, prise USB sur la colonne de fourche, tableau de bord digital minuscule planqué sur le guidon entre les pontets pour certaines, nouveaux V-twin Milwaukee Eight à quatre soupapes par cylindre de 107 et 114 cubic inch, soit 1745 et 1868 cm3, à double balancier d’équilibrage, nouvelles suspensions plus performantes et surtout un tout nouveau cadre, au dessin inédit, plus fin, plus léger, plus rigide et offrant, selon Harley, une bien meilleure prise d’angle. Les Softail et Dyna sont morts ! Vive les Softail 2018.

Le big twin 107 ci.

Le big twin 107 ci.

Fidèle à ses habitudes, Harley a tout de même réussi à conserver le style de ses machines. Pas facile de réinventer des motos aussi charismatiques, au style si marqué, sans déstabiliser les fidèles. Séduire de nouveaux clients sans perdre les anciens, c’est la diabolique équation que toute entreprise moderne cherche à résoudre, depuis quelques décennies déjà. Et la presse moto n’y a pas échappée, avec plus ou moins de succès, dirons-nous pour être gentil.

Harley a choisi de ne pas y aller de main morte, en faisant disparaître une gamme de moto complète qui avait vu le jour en 1991 avec la Dyna Glide Sturgis. Exit les Wide Glide, Super Low et Low Rider S. Au final, ce sont « huit nouveaux modèles Softail qui combinent les performances de conduite de la gamme Dyna et l’esthétique incomparable de la gamme Softail », dixit le press kit que présente Harley : les Street Bob, Fat Bob et Low Rider côtoient désormais les Fat Boy, Breakout, Deluxe, Softail Slim et Heritage Classic au sein de la gamme Softail.

La Breakout 2018.

La Breakout 2018.

 Fat Bob : crossfit à tous les étages !

Ce n’est ni la plus chère, ni la plus luxueuse qui s’impose comme le fer de lance de ce nouveau millésime. Au contraire, la Fat Bob était depuis son lancement en 2008 l’une des grosses Harley les plus abordables, tant financièrement qu’à la prise en main. Essayer une Harley, beaucoup en rêvent, peu osent franchir le pas. L’image de biker à franges à la peau dure ! Ceci dit, il faut bien reconnaître que les twins de Milwaukee ont toujours imposé un certain respect et une prise en main différente du reste de la production moto. Pourtant, la Fat Bob était l’une des moins déroutantes. Avec son guidon plat type drag bar, ses repose-pieds pas trop avancés, sa hauteur de selle raisonnable (ça veut dire ici pas au ras du bitume), son comportement plutôt naturel et sa garde au sol correcte, l’ancienne Fat Bob offrait de bonnes manières derrière ses allures bad boy, accentuées par le double optique façon Speed Triple. Le millésime 2018 explose les codes.

La Fat Bob 114 ci.

La Fat Bob 114 ci.

La nouvelle Fat Bob est incontestablement la plus radicale du millésime 2018. A commencer par son regard qui change radicalement, avec un phare à leds quasi rectangulaire dont le dessin, selon une confidence faite par Brad Richards, vice président du Styling and Design, aurait été inspiré par la lucarne d’un char. Faut dire que la machine est massive. L’échappement 2 en 1 en 2 ressemble à la Winchester à canon scié de Steve McQueen dans  la série Au nom de la loi. Surtout, outre sa gueule ravageuse de boxer au grand cœur, la Fat Bob se dote comme ses copines du tout nouveau cadre en acier. Harley assure une rigidité de cet élément supérieure de 65% comparé au précédent. Une donnée que l’on accepte aisément lorsqu’on regarde les images en CAO (conception assisté par ordinateur) des deux cadres, anciens et nouveaux. Rien que l’épaisseur conséquente de l’épine dorsale comparée à l’ancienne génération suffit à rassurer quant à la rigidité accrue. Et facile d’imaginer aussi le gain en garde au sol et en prise d’angle, quand on découvre la largeur du berceau inférieur sur l’ancien modèle comparé à l’étroitesse du nouveau modèle. Sans même parler de l’ancrage de bras oscillant qui devrait offrir une cinématique de suspension bien plus dans les standards actuels.

l'ancien cadre 2017.

Le nouveau cadre 2018.

Ci-dessus, l’ancien cadre en haut, le nouveau en bas.

Là où Harley fait fort, c’est dans sa capacité à faire évoluer profondément la technologie de ces machines, tout en conservant le look traditionnel qui fait son succès. Ainsi, le nouveau cadre Softail conserve ses allures de faux cadre rigide (hard tail), puisqu’aucune suspension n’est apparente. Les Dyna étaient notamment reconnaissable au combiné d’amortisseur de chaque côté de la roue arrière, tandis que les Softail planquaient leurs deux amortisseurs sous le moteur. Aujourd’hui, le mono-amorto prend place derrière le cylindre arrière mais reste dissimulé aux regards : la tradition est respectée ! Grâce notamment à ce tout nouveau cadre qu’elle partage avec le reste de la gamme, et à des choix de partie-cycle qui lui sont propres, la Fat bob offre la meilleure prise d’angle de ces nouveaux Softail avec 31° à droite et 32° à gauche. Associée à une fourche inversé de 43 mm à cartouche et à un amorto tout nouveau, qui se règle facilement en précharge via une molette parfaitement accessible, logée derrière la jambe droite, la partie-cycle de la Fat Bob pourrait présenter sous un jour nouveau le comportement dynamique Harley. On regrettera en revanche la contenance du réservoir, qui passe de 18,9 l à 13,6 l. L’autonomie y perdra ce que la maniabilité y gagnera, puisque la bête annonce 15 kg de moins au final.

Bodybuilding

Et le twin, alors ? Deux options : 107 ou 114 ci, 1745 ou 1868 cm3. Présenté l’an passé, le Milwaukee Eight 107 était déjà en soit une révolution. S’il conserve l’ouverture mythique à 45° du V formé par ses cylindres, le twin de la Motor Company passe de 2 à 4 soupapes par cylindre. Une caractéristique plus importante qu’il n’y paraît. Avec 4 soupapes par cylindre, le remplissage du mélange comme l’expulsion des gaz brûlés est plus rapide, ce qui autorise au moteur une prise de tours plus vives. Le Milwaukee Eight 107 offre ainsi de meilleures accélérations, mais un peu plus linéaires que celle procuré par le Twin Cam 103 et avec moins de frein moteur à la décélération. Sur la gamme Touring toujours, les vibrations procurées par le Eight 107 sont également plus discrètes, car le moteur est monté sur silent block. Il est en outre doté d’un refroidissement liquide du haut moteur, d’où l’appellation Twin Cooled. Fort de ses spécifications modernes, ce twin offre au final de meilleures performances plutôt appréciables sur les modèles Touring, plus lourd. Dans la même veine, les CVO s’étaient vu doter en 2017 du Twin Cooled Milwaukee Eight 114.

Coupe du moteur 107.

Coupe du moteur 107.

Ce ne sont donc pas à proprement parler un tout nouveau moteur qui équipe la nouvelle gamme Softail, au détail près que ceux-ci ne sont pas doté d’un refroidissement liquide des culasses, mais d’un refroidissement par huile, ce qui les rend du coup inédit. De même, les Eight 107 et 114 sont montés rigide dans le nouveau cadre Softail et reçoivent un second arbre d’équilibrage pour compenser les vibrations. Les good vibes seront-elles au rendez-vous ? Le caractère des Milwaukee Eight sera-t-il plus marqué ? J’entends déjà certains maugréer et râler que le moteur est de toute façon trop étouffé : les kits et stages Screamin Eagle sont toujours disponibles pour enlever la muselière d’homologation à ces mécaniques trapues. Et n’oublions pas tout de même, que ces deux bouilleurs monumentaux balancent 14,8 mkg de couple pour le 107 et 15,8 mkg pour le 114, et ce dès 3000 tr/mn. Ça cause !

Au delà des chiffres annoncés d’améliorations des performances (+10% d’accélération de 0 à 100 km/h entre le Twin Cam 103 et le Milwaukee Eight 107 ; et encore 9% de plus à la même vitesse entre le 107 et le 114), c’est surtout au guidon que l’agrément s’appréciera. Malgré ses atouts dynamiques et sa capacité à faire parler la poudre, cette Harley 3.0 aura-t-elle réussit sa métempsycose ? L’âme Harley aura-t-elle suivit la mutation du genre ? Les good vibes seront-elles au rendez-vous ? Réponses très vite guidon en main puisque toutes les nouveautés Harley 2018 seront dispos en concession dès la mi-septembre.

Fat Bob À partir de 17 860 € (107) et 19 660 € (114), prise d’angle 31° (D) et 32° (G), 710 mm de hauteur de selle, réservoir d’essence de 13,2 l, pneus 150/80×16 Av – 180/70×16 Ar, poids 306kg tous pleins faits.

 

Et aussi…

Street Bob : Le big twin abordable, à tout point de vue, change de gamme, pas d’esprit.

À partir de 14 860 €, twin 107 uniquement, prise d’angle 28,5° (D/G), 680 mm de hauteur de selle, réservoir d’essence de 13,2 l, pneus 100/90×19 Av – 150/80×16 Ar, poids 297 kg tous pleins faits.

Low Rider : L’esprit chopper des Dyna adopte le look softail mais reste essentiel dans sa définition.

À partir de 16 660 €, twin 107 uniquement, prise d’angle 29,6° (D/G), 690 mm de hauteur de selle, réservoir d’essence de 18,9 l, pneus 110/90×19 Av – 180/70×16 Ar, poids 300 kg tous pleins faits.

Softail Slim : Le bobber épuré conserve sa ligne simple avec sa selle solo et son large guidon Hollywood mais perd 17 kg !

À partir de 20 160 €, twin 107 uniquement, prise d’angle 27,4° (D/G), 680 mm de hauteur de selle, réservoir d’essence de 18,9 l, pneus 130/90×16 Av – 150/80×16 Ar, poids 304kg tous pleins faits.

Deluxe : Le charme classique du chrome et de la tradition mise sur une modernité discrète. Elle perd tout de même 17 kg…

À partir de 21 460 €, twin 107 uniquement, prise d’angle 28° (D/G), 680 mm de hauteur de selle, réservoir d’essence de 18,9 l, pneus 16 pouces avant et arrière, poids 316 kg tous pleins faits.

La Deluxe.

La Deluxe.

Breakout : Le dragster offre un look frime incomparable avec sa fourche inversée et sa roue de de 21 à l’avant et son énorme pneu de 240 à l’arrière. Pour 2018, elle soigne sa garde au sol, son point faible.

À partir de 21 760 € (107) et 23 460 € (114), prise d’angle 26,8° (D/G), 665 mm de hauteur de selle, réservoir d’essence de 13,2 l, pneus 130/60×21  Av – 240/40×18 Ar, poids 305 kg tous pleins faits.

Fat Boy : L’autre icône dont la ligne évolue beaucoup en 2018 est la mythique Fat Boy. Elle reçoit notamment de nouvelles jantes pleines, baptisées Lakester. Ses pneumatiques se gonflent et passent en 160 à l’avant et 240 à l’arrière. Heureusement, la nouvelle rigidité du cadre et la perte de 16 kg devrait préserver un peu la maniabilité.

La Fat Boy 115 Anniversary.

La Fat Boy 115 Anniversary.

À partir de 21 960 € (107) et 23 960 € (114), prise d’angle 25,6° (D/G), 675 mm de hauteur de selle, réservoir d’essence de 18,9 l, pneus 160/60×18  Av – 240/40×18 Ar, poids 317kg tous pleins faits.

Fat Boy.

Fat Boy.

Heritage Classic : Touring light ou grosse Softail, l’Heritage Classic chasse sur les terres de la Road King. Optimisée sans trahir son style années 1950, elle pourrait créer la surprise.

À partir de 22 760 € (107) et 24 460 € (114), prise d’angle 27,3° (D) et 28,5 (G), 680 mm de hauteur de selle, réservoir d’essence de 18,9 l, pneus 130/90×16 Av – 150/80×16 Ar, poids 330kg tous pleins faits.

Touring : Peu d’évolution dans cette gamme qui avait inaugurée l’an passé les twin Milwaukee Eight 107 à huit soupapes. Seuls les Street Glide Special et Road Glide Special évoluent vers une attitude plus dark custom : moteur, pot, guidon, instrumentation, jantes se pare d’un noir profond qui fait ressortir le côté blouson noir de ces machines très prisées. La Street Glide étant la Harley la plus vendue au monde… c’est dire !

À partir de 28 160 € pour la Street Glide Special et 28 760 € pour la Road Glide Special.

Street Glide.

Street Glide 115 è Anniversaire.

CVO : Harley propose en 2018 trois nouvelles prépas signées par le département Custom Vehicle Operations : CVO Street Glide, CVO Road Glide et CVO Limited. Outre la débauche d’équipement, la finition hors normes, la qualité incroyable des peintures, la nouveauté se loge au cœur de la machine avec un tout nouveau Milwaukee Eight 117 (1923 cm3), soit le plus gros V-twin jamais monté de série sur une Harley. Au programme, 16,9 mkg de couple et une facture qui s’élève au minimum à 39 990 €…

Trois modèles CVO.

Trois modèles CVO.

115e anniversaire : Née du rêve fou de trois jeunes garçons répondant au nom de Davidson et d’un autre nommé Harley, dans une arrière cour du Wisconsin en 1903, la Harley Davidson Motor Company soufflera en 2018 sa 115e bougie. Un évènement important comme le prouve le soin apporté aux nouveautés de ce millésime. Bien entendu, l’occasion était trop belle de faire des séries spéciales en hommage à ce bel âge. Dix modèles reçoivent ainsi une déco spéciales 115e anniversaire : Ultra Limited, Street Glide, Fat Boy 114, Heritage Classic 114 et le trik Tri Glide se parent d’une robe deux tons bleu et noir, avec un blason en métal sur le réservoir. Une autre finition anniversaire, couleur jeans mat, sera également dispo sur les modèles Street Glide Special, Breakout 114, Fat Boy 114 et Forty Eight. Et pour clore le tout, les CVO n’échappe pas à la fête avec une sublime CVO Limited aux couleurs du 115e anniversaire.

Modèles du 115è anniversaire.

Modèles du 115è anniversaire.

 

 

 

 

 

1 commentaire sur “Les Harley-Davidson 2018 !

  1. C’est bien joli ces petites nouveautés aseptisées mais bon plus sérieusement, c’est pour quand le comparatif que tout le monde attend?

    Je parle naturellement du match entre la Guzzi Falcone 500 et la Sanglas 500.

    Laquelle a les meilleurs vibrations, laquelle peut emprunter sans dommage pour elle et pour le dos les petites routes à chèvre?

    Parfois je me demande pourquoi les journalistes moto passent à côté de ce genre de questions fondamentales.

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