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Louis Moto, visite à Hambourg

Louis, une vieille histoire

Il y a des femmes et des hommes derrière les gros sites internet de vente par correspondance, aussi dingue que ça puisse paraître. Sauf chez Amazon… Quand on est arrivé chez Louis Moto, à Hambourg, l’excellent Kay (responsable de la communication), accompagné de Julia et Linda, nous a accueilli sur le perron de l’énorme complexe d’entrepôts. 42 000 m2 de stockage, des tonnes de casque Shoei ou X-Lite, des cascades de blousons Revit ou Alpinestars etc. Bienvenu chez Louis, le plus important site européen de vente moto par correspondance.

Kay a commencé par nous raconter l’histoire du jeune Detlev Louis, 18 ans en 1936, qui courait alors ces épreuves dangereuses qu’on nomme aujourd’hui courses sur route, qui étaient des courses tout court. D’abord sur une BMW R51, puis plus tard sur Norton Manx. Detlev importe alors en Allemagne la marque anglaise AJS. Rapidement il s’associe à Walter Lohmann pour créer la concession Lohmann&Louis. Les compères importent d’autres marques anglaises, dont Triumph, Norton et Matchless. En 1946, Detlev Louis rachète toutes les parts, le voici seul dans l’aventure.

Detlev Louis sur Norton, 1938, à Hamburger Stadtparkrennen.

Detlev Louis sur Norton, 1938, à Hamburger Stadtparkrennen.

Il comprend rapidement l’intérêt que portent les motards à l’équipement, il crée son premier catalogue en 1964. Et importe Kawasaki en Allemagne dès 1968. Detlev a du flair. Dans les années 70, il développe malgré tout la vente d’équipement et d’accessoire, délaisse l’importation de moto. Son maître mot, fidéliser ses clients. Et ses employés, tous salariés. Il crée la Louis Akademie, émanation de la culture d’entreprise. Un cheminement long, une réussite évidente, une histoire un peu à l’ancienne.

Le magasin Detlev Louis en 1961.

Le magasin Detlev Louis en 1961.

En 2012, Detlev Louis décède, la charge de l’héritage pèse lourd pour sa femme. 250 millions d’euros de chiffre d’affaires, pensez donc. De crainte qu’à sa mort l’entreprise ne tombe entre les mains d’investisseurs amateurs de « coups », elle vend à une filiale de… Warren Buffet, le milliardaire américain. Kay dégonfle le truc : « On a eu peur, bien sûr. On s’est dit que ça n’allait pas traîner, la rationalisation, les licenciements etc. Mais non. Berkshire Hathaway est une société d’investissement, Warren Buffet ne s’en préoccupe plus depuis longtemps. Leur but, racheter des entreprises en bonne santé, quel que soit le secteur, et soutenir leur pérennité. Aussi étrange que ça puisse paraître. »

Louis Moto vaque donc à ses occupations, ses employés sont pour l’instant rassurés. Ils sont 1600, tous passés par la Louis Akademie et son atelier de montage, stage obligatoire, même pour le boss en costard cravate. Nous-mêmes y avons assemblé quelques pièces du catalogue d’atelier (béquilles de stand, sacoche réservoir avec prise interne etc.). Un endroit où Kay se sent comme poisson dans l’eau. Il est ravi de la mode de la custom culture, il adore bricoler, et s’est fait ici-même une Honda Dominator façon racer et une Seven-Fifty. Bon, ça aime la bécane par ici.

Direction maintenant les entrepôts, moins glam’, plutôt dans l’efficacité. « Nous avons 4000 références au catalogue, explique Kay. Et 7000 colis qui partent chaque jour. Faut pas s’endormir, et surtout, l’organisation doit être infaillible. » Et savez-vous qui sont les meilleurs au monde en matière de logistique ? Les Indiens. Louis Moto a embauché un des hommes de cet immense pays pour coordonner la logistique : les délais de livraison sont tombés à 3 jours. Louis a été une des premières sociétés de commande à se développer sur internet, dès 1997, puis à surpasser les Trois Suisses en matière de réactivité.

Nous voici maintenant au milieu de multitudes de trains roulants, petites montagnes russes pour cartons, avec des gares et des itinéraires torturés, du dénivelé. Les petits colis peuvent parcourir jusqu’à 7 kilomètres dans ces dédales métalliques. On croise malgré tout peu d’employés…

Kay Blanke, au centre, avec le tee-shirt blanc.

Kay Blanke, au centre, avec le tee-shirt blanc.

Géniale astuce, Louis propose les retours gratuits pour ses clients, qui commandent alors plusieurs tailles pour essayer, puis renvoient celles qui ne conviennent pas. La société allemande a aussi développé ses propres produits, comme Vanucci en 1990 (bottes, blousons) ou Nordkap pour le camping. On en compte 33 aujourd’hui.

Quasi absent du marché français, Louis veut désormais s’y implanter. Le big boss a constaté qu’en France, ce qui plaît le plus, c’est la partie outillage du catalogue (la marque Rothewald). On bricole par chez nous. Le site est désormais traduit dans notre langue, sauf certains espaces, comme l’historique (en PDF). Et certains liens, comme le calcul de la cote d’occasion une fois qu’on a chargé les infos de sa moto perso. Louis développe. On n’a pas fini d’en entendre parler.

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