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Miguel Duhamel au Bol d’Or Classic !

Come back

Le pilote canadien Miguel Duhamel sera au départ du Bol d’Or Classic les 15 et 16 septembre prochains au Castellet, en prélude du Bol d’Or. 12ème du championnat GP 500 en 1992, champion du monde d’endurance la même année (!), champion Superbike AMA (championnat américain) en 1995, 5 fois champion Supersport AMA, 5 fois victorieux aux 200 miles de Daytona etc, le palmarès de Miguel Duhamel dispense de plus de discours. Il a mis fin à sa carrière de pilote en 2009.

Miguel Duhamel en 2005.

Miguel Duhamel en 2005.

Miguel sera associé à notre ami Didier Constant, rédacteur en chef du site canadien MotoPlus.ca, et collaborateur occasionnel de Fast&Lucky. Didier, à l’initiative du projet, a trouvé la moto emblématique des débuts de Miguel Duhamel pour courir ce prochain Bol Classic (qui se déroulera pour la première en 4 heures consécutives), une RC 30 prêtée par la concession Top Moto Honda de Tarbes. La structure sera fournie par l’équipe de First on Track.

Ce projet hors norme vise un autre objectif, plus altruiste celui-là. Récolter des fonds pour l’organisation humanitaire Riders for Health. Cette ONG, fondée par Barry et Andrea Coleman à la fin des années 80, en collaboration avec Randy Mamola, fournit des motos et des ambulances aux médecins de brousse afin qu’ils puissent délivrer des soins médicaux de première urgence aux populations rurales de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne (Kenya, Lesotho, Libéria, Malawi, Nigéria, Gambie, Zambie, Zimbabwe).

Didier Constant.

Didier Constant.

Didier nous en dit un peu plus.

Quelle est ton histoire personnelle avec la Honda RC 30 ?

J’ai découvert la RC30 lors de son lancement de presse nord-américain, alors que j’étais jeune journaliste moto, à l’emploi du magazine Motocycliste/Cycle 1. Je suis tombé sous le charme immédiatement. En 1988, elle représentait la sportive ultime. Une machine haut de gamme, assemblée à la main, dérivée de l’endurance. Elle avait un supplément d’âme et ne pouvait que me plaire. Je l’ai conduite en essai, sur piste, mais je n’ai jamais couru à son guidon.

Yvon Duhamel et ses deux fils, Miguel et Mario, au Bol 1988. Une famille en Or.

Yvon Duhamel et ses deux fils, Miguel et Mario, au Bol 1988. Une famille en Or.

Et dès 1988, je monte le projet avec Honda France et le concessionnaire Winners pour faire rouler la famille Duhamel au Bol d’Or sur une RC30, bien sûr. Je ne voyais pas d’autre option possible, à part une moto d’usine. Grâce à l’aide de Honda France, nous avons eu accès au kit et à de nombreuses pièces de performance alors très rares, ce qui nous a permis de faire le septième temps en qualification, derrière les usines. Notre moto était un avion de chasse, pilotée par des pilotes étonnants.

Au Bol d'Or en 1988, Didier a fait rouler la famille Duhamel (le père et les deux frères), mythique.

Au Bol d’Or en 1988, Didier a fait rouler la famille Duhamel (le père et les deux frères), mythique.

L’année suivante, je mets sur pied le Team AROM avec le Moto Club Courneuvien de Pierre Cascarino et le préparateur Hervé Bazin. Nous engageons trois Honda RC30 aux 24 Heures du Mans, aux 24 Heures de Spa et au Bol d’Or. Elles sont confiées à des pilotes chevronnés comme les Belges Richard Hubin, Champion du Monde d’endurance 1983, et Michel Simul, l’Américain Doug Toland, champion du monde d’Endurance 1993, ou encore les Français André Lussiana et Michel Galbit, lesquels sont associés à de jeunes espoirs canadiens inconnus à l’époque, dont Steve Crevier (6 fois champion canadien de SBK), Pascal Picotte (double Champion canadien de SBK), Yves Brisson, Denis Royer, Jacques Guénette, Benoit Pilon et Jean Paquet.

Nous réalisons quelques places d’honneur, dans le Top 10, dont une superbe 7ème position au Mans, avec Hubin, Toland et Guénette. Le trophée trône fièrement sur l’étagère de mon bureau.

Cette même année, nous préparons une RC30 pour le Championnat du Monde de Superbike, avec le soutien de Boyers Moto. Nous participons à la manche britannique du WSBK, à Donington Park, avec le pilote canadien Tom Douglas (deux abandons), ainsi qu’à la manche canadienne, à Mosport,  avec Yves Brisson qui fait une 17e et une 20 places .

Miguel Duhamel au Bol d'Or 1989 sur la RC 30.

Miguel Duhamel au Bol d’Or sur une Honda RVF d’usine.

La vôtre, au Bol Classic, sera-t-elle équipée de pièces racing ?

La RC30 dont nous disposerons est celle avec laquelle Philippe Puyo, le boss de Top Moto Honda, a pris part aux 24 Heures du Mans et au Bol d’Or en 1993. Elle est équipée de pièces racing moteur et partie-cycle. Il nous reste le freinage à améliorer, dans les limites du règlement technique.

Chez Top Moto Honda, à Tarbes.

Chez Top Moto Honda, à Tarbes.

Serez-vous en jantes d’origine (18 pouces à l’arrière et 17 pouces à l’avant) ?

En principe non. Différentes options s’offrent à nous — roues de RC45, jantes de 5,5″ ou de 6″ en 17 — et nous devons nous rencontrer avec Philippe pour valider certains choix techniques, en fonction du budget, mais aussi du règlement.

Qu’elle est ton expérience en tant que pilote en endurance ?

Si l’on omet mon expérience de team manager, je suis un puceau en endurance. Je n’ai jamais pris part à une course d’endurance au niveau national et encore moins international. En fait, mon expérience en compétition se limite à quelques courses du Championnat canadien CSBK, dans des coupes monomarques et du championnat VRRA (Vintage Road Racing Association) de motos classiques. Ce sera une nouvelle aventure pour moi.

Didier en action sur une Honda CBR 1000 RR.

Didier en action sur une Honda CBR 1000 RR.

Aurez-vous des séances d’entraînement ?

Dès que la neige aura fondu, je vais prendre part à plusieurs roulages au Canada, sur des circuits longs, techniques et rapides comme Calabogie, en banlieue d’Ottawa, en Ontario et Mont-Tremblant, à 150 km au nord de Montréal. Ce sont des pistes qui présentent des similitudes avec le Paul Ricard et me prépareront pour le BOC. Je pense également participer à la Sunday Ride Classic, en avril prochain, au Castellet. J’essaie de trouver un guidon, même comme troisième pilote, pour disputer la manche de la European Classic Series qui sera présentée dans le cadre de la SRC.

Miguel, de son côté, est en grande forme physique. Il fait beaucoup de vélo sur route, à un niveau compétitif. Et lui aussi va remonter sur une moto pour s’entrainer aux États-Unis. Il habite Las Vegas, au Nevada, et ce n’est pas facile de se retrouver sur des roulages ou des événements. Près de 4 500 km nous séparent. Nous verrons, selon nos horaires respectifs, si on peut rouler ensemble avant le BOC.

Miguel Duhamel en 1992, sur sa 500 GP Yamaha.

Miguel Duhamel en 1992, sur sa 500 GP Yamaha.

Par ailleurs, à motoplus.ca nous modifions une KTM RC390 2016 pour en faire une RC Cup. Nous allons passer pas mal de temps en essai sur des circuits courts autour de Montréal. Ça devrait me permettre d’affiner mon pilotage. Et d’améliorer mes chronos.

Avez-vous réuni les fonds nécessaires ?

Nous avons la moto, des pièces de rechange et une partie du budget, mais il nous reste encore environ 30 000 € à ramasser. Préparer une moto pour une seule course coûte extrêmement cher car toutes les dépenses sont amorties sur une seule épreuve. Quand tu participes à un championnat, tu peux ventiler les coûts sur plusieurs événements.  Nous allons lancer une campagne de financement participatif sur Ulule dans les jours à venir et organiser plusieurs activités promotionnelles, dont des journées de roulage sur piste pour nos fans auxquelles Miguel et moi participerons comme instructeurs ainsi qu’un souper-bénéfice, dans le courant de l’été. Et je démarche des sponsors pour boucler le budget.

Honda Canada vous suit dans votre aventure ?

Non, même pas. Et c’est dommage. Car Honda va plus que n’importe quel autre sponsor bénéficier de retombées positives,. Notre projet est fondé sur la passion, une valeur mise en avant par Honda à l’époque de la RC 30.

Quelle était la dernière course d’endurance de Miguel Duhamel ?

Au Bol d’Or 1992 ! L’année où il remporte le titre avec Kawasaki France.

Miguel Duhamel lors de sa victoire aux 200 miles de Daytona en 1991.

Miguel Duhamel lors de sa victoire aux 200 miles de Daytona en 1991.

Y aura-t-il une suite à votre projet ?

Pour le moment, il est un peu tôt pour extrapoler. Personnellement, si ça se passe bien,  j’aimerais faire quelques courses de la European Classic Series cette année et tout le championnat l’an prochain. Et puis, j’ai un autre plan de fou pour 2018. Je t’en reparlerai en temps et lieu. Mais ça risque d’être cool!

Restez Fast !

Pour information, contacter :

Didier Constant
DCT Racing Team
+1-514-251-0565
didierconstant@me.com

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