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Officine Sbrannetti

La Custom Culture, vague mondiale. Episode 2

La Custom Culture n’est pas tout à fait une nouvelle approche de la moto. Les bidouilleurs ou préparateurs hyper talentueux ont toujours existé, des mécaniciens fous des années 20 ou 30 au tuning des années 80/90, en passant par les racers des années 60. Très axée sur l’esthétique, le style, elle traverse maintenant toutes les frontières. Parce qu’elle draine de la convivialité, une sorte de ‘back to basics’ et pas mal de lassitude du ‘toujours plus’ (puissance, look louche, électronique etc.), mais aussi parce qu’elle correspond à une nouvelle façon de rouler, plus cool, en phase avec les gros axes radarisés. On va essayer de se faire une vue large de la Custom Culture à travers le monde. Pour éviter de tomber dans des préjugés ras du plancher, et pour croiser de nouvelles têtes. Deuxième épisode en Italie (premier épisode ici).

Garage, comme on dit...

Garage, comme on dit…

Il y a quatre ans, cinq potes retapaient une vieille baraque quasi en ruine à La Spezia, entre Gênes et Pise. Neuf mois plus tard, ils y inauguraient un atelier de préparation moto. Aujourd’hui, leurs motos font les couvertures de magazines italiens ou américains, ils s’offrent des séances photos avec la pilote/égérie de BMW Sabine Holbrook et ont participé au reality show italien « Lords of the Bikes », soutenus par Moto Guzzi ! L’aura d’Officine Sbrannetti s’est accrue avec une rare rapidité, assurément liée à leur abondante production, vingt-et-une motos en deux ans. Ils s’y entendent aussi question communication, surtout via les réseaux sociaux, qu’ils alimentent de nombreuses photos souvent réalisées par des pros.

Ritals !

Ritals !

Encore des mecs issus du marketing ? Du tout. Jody et son frère Marzio travaillent encore dans le restaurant familial, Moreno est agent commercial au port de La Spezia, Michele poursuit ses études d’ingénieur et Simone est embauché par une importante société de travaux sous-marins. Un enthousiasme dingue les unit autour de leurs outils, leurs motos, le petit salon-show room récemment aménagé… Ils épuisent leur temps libre à restaurer et relooker toutes sortes de bécanes, de la Honda 650 Dominator à la dernière Guzzi V7 en passant par la Suz’ 750 Intruder ou la TU 250.

La Spirit of Zeller.

La Spirit of Zeller.

Chacun met son grain de sel selon ses affinités. Jody, fasciné par les motos sportives, s’est épris du style café racer. Michele n’aime que les anciennes. Simone pratique le cross et se trouve une inclination naturelle pour le style scrambler. Chacun à voix au chapitre puis tous s’engouffrent dans le projet proposé par l’un d’entre eux, à tour de rôle. Cette complémentarité se retrouve dans le travail : Moreno soude, Michele est un artiste du faisceau électrique, Simone forme l’alu et l’acier… « Peut-être parce qu’on est italiens, avoue Jody, le style nous intéresse parfois plus que le reste. Je sais que c’est critiquable, mais on assume. Certaines motos ont été conçues pour être juste belles, d’autres ont de vraies qualités dynamiques, on tente d’en tirer le meilleur. » Lui roule tous les jours avec une Guzzi Griso 1100 baptisée Caffè Lungo, une moto compliquée à modifier à cause de ses nombreux capteurs, son faisceau électrique complexe et son injection. Il lui a bien sûr greffé des bracelets outrageusement placés bas, et a raccourci l’arrière de la moto pour mettre plus en valeur encore la longueur de son empattement. Des jantes à rayons fabriquées sur mesure ont remplacé celles d’origine, l’intérieur de fourche a été complètement revu, le freinage est identique à celui d’une Aprilia RSV 1000…

La Caffe Lungo.

La Caffe Lungo.

Marzio a préféré passer un gros trail, la BMW R 1100 GS, en simili supermotard : la Bombardone. Passée en jantes de 17 pouces, surmontée d’un garde boue minimaliste, elle aussi a pourtant dû cédé à l’élégance italienne avec son épaisse selle en cuir.

La Bombardone.

La Bombardone.

Mais la moto qui a rencontré le plus grand succès reste la BMW R NineT Spirit of Zeller, la marque allemande et sa stratégie offensive de com’ sur les prépas NineT aidant. Il s’agissait de la septième prépa d’Officine Sbrannetti, inspirée d’un haut fait de l’histoire de BMW. La NineT de l’équipe italienne reprenait en effet les caractéristiques esthétiques de la BMW RS54 Rennsport de Walter Zeller, second du championnat du monde 500 en 1956. L’un des gros morceaux de la prépa fut le réservoir, confié à Pierluigi Tagliagambe de TP Design. Ce dernier a adapté un bouchon de type Monza et a surtout plaqué des éléments en aluminium pour évoquer la moto de 1956. La fourche, couleur or d’origine, a été anodisée par un autre artisan de La Spezia, Style&Performance. L’échappement court a été réalisé par les siciliens de la firme Mass, dont la prouesse fut de réussir à rester dans la tolérance originale de la NineT niveau sonorité. La Spirit of Zeller a réellement contribué à l’essor d’Officine Sbrannetti.

L'Elegant Escape, BMW R 100 GS.

L’Elegant Escape, BMW R 100 GS.

« Aujourd’hui, nous aimerions pouvoir consacrer plus de temps à la prépa et agrandir notre espace de travail, poursuit Jody. Mais l’atelier ne peut pas tous nous faire vivre. Alors on va continuer à s’éclater, en faisant des choix. Et on verra bien… » Jody est le porte-parole du groupe, le community manager, le plus à l’aise dans les relations en tout genre. Et on sait à quel point ce genre d’attitude compte. « Je crois quand-même que notre originalité se remarque surtout dans le choix des motos sur lesquelles nous travaillons : nous n’excluons rien ! » termine Jody. Ouais, parce que l’essentiel reste la passion de la moto.

Alors pourquoi ce genre d’atelier communique autant ? « Parce que sinon tu dures six mois » répond Jody.

La Guzzi Flag 750.

La Guzzi Flag 750.

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