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Rando des Cols Verts

Roulons !

Photos Jean-François Muguet.

Nous vivons à l’ère de l’organisation. Peu de champ est laissé à l’improvisation, à la ferveur soudaine, on refoule l’envie subite, contraint par d’énormes problèmes (les courses, aller chercher les enfants à l’école, repeindre la chambre-depuis-le-temps-qu’on-a-promis-de-le-faire, apéro chez le cousin, Facebook-Instagram-YouTube etc.). A moins de vivre célibataire et d’être prof à mi-temps. Ou de flirter en permanence avec le divorce.

L'itinéraire de la balade dans les Pyrénées.

L’itinéraire de la balade dans les Pyrénées.

Kawasaki a senti chez ses clients le désir de rouler. Parce qu’une moto n’a rien à faire dans un garage. Les balades des Cols Verts comptent remettre les Kawa, mais aussi les motos d’autres marques, sur les routes des Pyrénées et des Alpes, l’occasion en même temps de fêter le quarantième anniversaire de son partenariat avec le Tour de France cycliste. L’organisation est confiée à Terre d’Azur Adventure, qui propose aussi des sorties dans le sud-est français, que François Etterlé et Gilles Jullien, deux motards aguerris, inaugurent cette année. Lors des Cols Verts, François profite de chaque repas pour narrer quelques épisodes épiques de l’histoire du Tour de France, son autre passion.

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Nous avons été quelques-uns à emprunter pour la première fois une partie du parcours des Pyrénées (environ 500 km), au guidon de différentes Kawa, accompagnés de Maxime, chargé de la presse chez Kawasaki France. Il a perçu de la part des clients et concessionnaires de la marque ce besoin d’évasion, sur nos superbes routes (le réseau français est l’un des plus beaux au monde pour rouler à moto), mais aussi l’attente de sorties organisées. Les motards préfèrent maintenant participer à ce genre de balades « all inclusive », et peut-être est-ce lié à leur âge moyen croissant… La moto ne se vit plus comme dans les années 60 ou 70, en style de vie, mais plutôt comme un loisir.

Pozza Motos, à Toulouse, point de départ.

Pozza Motos, à Toulouse, point de départ.

Départ le matin de la concession Pozza Motos à Toulouse, sous la menace de la pluie, pour rejoindre rapidement une large nationale. Il ne faut là-bas que peu de temps avant de percevoir les hauts monts enneigés des Pyrénées, aimants à motards. Nous les atteignons par le Gers. Lacets, longues enfilades, pas grand-monde sur les routes, c’est une autre façon de rouler, de se repaître de moto, comme si on n’en faisait pas de l’année. Ce genre de balade est une césure dans la vie rythmée du quotidien. Découvrir des places de patelins, enquiller des virages et balancer la moto, retrouver la sensation du vent, du froid, du chaud, la fatigue de la route, l’arrêt souhaité, et repartir. On connaît tous ça, mais c’est une première à chaque fois. Pourquoi rouler à moto procure autant de plaisir ? Parce qu’on est à l’air libre et qu’on est acteur. Une bagnole pourrait se passer de conducteur, pas une moto. Son équilibre dépend de nous. Chevaucher une moto, c’est chercher à ne faire qu’un avec ce complice mécanique. Surtout dans les Alpes ou les Pyrénées.

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A l’époque, même les cyclistes étaient mécaniciens et forgerons !

Le col d’Aspin et le Tourmalet ont gradué le périple, de la surpuissante mais lourde ZZR 1400 à la géniale Versys 1000 (nous y reviendrons), en passant par l’efficace mais un peu trop sportive Z 1000 SX. Deux jours parfaits, puisque dédiés à la moto, sur les traces de son ancêtre, la bicyclette. Roulons !

Gilles, à gauche, et François, organisateurs et guides des Cols Verts.

Gilles, à gauche, et François, organisateurs et guides des Cols Verts.

Brève histoire du Tour de France cycliste

A la fin du XIXè siècle, beaucoup utilisaient leur vélo pour se rendre à l’usine. Un premier quotidien alimentait alors les passionnés de bicyclette, Le Vélo. Plus tard, en 1900, le comte De Dion lança à son tour un quotidien du même genre, l’Auto-Vélo, qui deviendra l’Auto en 1903 suite à un procès intenté par Le Vélo. Ambiance. L’Auto se distinguera par sa couleur jaune, ce qui influencera plus tard la création du maillot de même couleur. Perdre le nom ‘vélo’ pour un quotidien lui étant voué s’apparentait une catastrophe promise, en des temps où le sport cycliste était le plus populaire en France. Un certain Géo Lefèvre suggéra alors l’organisation d’une immense course autour de la France, idée appuyée par le directeur du journal, le charismatique Henri Desgrange. Ainsi présenta-t-il le projet dans un édito qui précédait le départ du premier Tour : « Du geste large et puissant que Zola dans La Terre donne à son laboureur, L’Auto, journal d’idées et d’action, va lancer à travers la France, aujourd’hui, les inconscients et rudes semeurs d’énergie que sont nos grands routiers professionnels. » Le départ fut donné au café Le Réveil Matin de Montgeron le premier juillet 1903. Dès cette première épreuve, les tricheurs se sont mis en valeur, certains, prenant le train pour rejoindre Lyon…

Les premiers passages de cols furent introduits en 1910, avec notamment le Tour Malet, premier col à plus de 2 000 m d’altitude. En 1919, le maillot jaune permettait de reconnaître l’homme de tête, aux couleurs du journal L’Auto. Autre épisode lié à la tricherie, le fameux article du journaliste Albert Londres, intitulé « Les forçats de la route », qui se penchait sur le cas des frères Pélissier, ingurgitant de la cocaïne et des pilules « pour tenir bon ». Dès lors, le Tour ressemblait plus ou moins à celui qu’on connaît aujourd’hui, avec les premiers reportages filmés en 1931.

Les premières Kawa rejoignirent la caravane du Tour en 1977, des KZ 400 cette première année (elles servaient à emmener les directeurs de l’Equipe et du Parisien), puis des KZ 750, Z 1000 ST et enfin des GTR, d’abord puis 1400 aujourd’hui. 29 prendront part au prochain Tour cet été.

2 commentaires sur “Rando des Cols Verts

  1. Ce qui est dommage, c’est que l’organisateur choisi par Kawa ne dispose d’aucun agrément (obligatoire) pour proposer des séjours à moto… Une balade à la journée ne nécessite pas d’immatriculation en tant qu’organisateur. Mais dès qu’on met une nuit en plus, il y a des lois qui encadrent ça. Comment un constructeur de moto peut-il raisonnablement s’affranchir de cela ?

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