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Dans le side KTM Choda

Ou comment j’en viens à admirer des fadas…

Le side-car n’a pas grand-chose à voir avec la moto, avec rien du tout d’ailleurs. Il m’a toujours impressionné, même si j’ai eu l’occasion, à Moto Journal, de rouler trois jours et presque 2 000 bornes avec un Fazer 1000 attelé à une caisse DJ Sport. Je m’étais juré de ne jamais monter dans un panier. En début d’année, Max m’y a forcé…

Le side KTM RC8R Choda, éclairant.

Le side KTM RC8R Choda, éclairant.

Sandrine et Max ont choisi. Ils refusent de trop s’emmerder et préfèrent parfois vivre un peu chichement pour s’abandonner dans quelques folies. Chacun de leur côté, ils ont été singes en rallye (sur le Voxan DJ Sport de Bruno Lescane pour Max, sur un vieux ZZR 1100 Choda du même Bruno pour Sandrine), ballotés dans une caisse minuscule, jetés de droite et de gauche au gré des virages et de la brutalité du pilote. Ils savaient très bien dans quoi ils s’embarquaient avant de s’engager dans le championnat de France des Rallyes 2016. Enfin pas tout à fait… Max n’avait jamais été pilote de side en rallye.

Max, quelques semaines avant le premier rallye.

Max, quelques semaines avant le premier rallye.

Il s’est entraîné l’hiver dernier, à peine quelques semaines avant les Garrigues, première épreuve. Tout le monde se fait confiance dans cette histoire. Marie-Laure et Hervé, propriétaires du KTM RC8R Choda, qui prêtent leur side à Max et Sandrine. Sandrine, qui s’embarque avec Max les yeux fermés, malgré son inexpérience. Enfin Max, contraint à être sûr de lui.

Sacrée gueule.

Sacrée gueule.

Deux mois avant la première sortie en course, Max m’a convié à découvrir le KTM. Petite description de l’engin. Moteur de RC8R de plus de 170 ch, avec diagramme de distribution racing KTM et contrôle de traction Bazzaz. Châssis construit en acier 15CDV6 léger et rigide (le side pèse 309 kg avec les pleins), une collaboration entre Albert Choin, boss de Choda, et Hervé, propriétaire de l’attelage. Freinage intégral Outlaw 2000, actionné depuis la pédale de frein arrière.

Le système de freinage, complexe.

Le système de freinage, complexe.

Suspensions Fournalès développés spécialement pour le KTM Choda. Jantes alu Compomotive. Eclairage Vision, essentiel en rallye. Hervé a tenu à conserver le bras oscillant d’origine de la KTM, pour maintenir une garde au sol haute, importante en rallye. Il a veillé à ce que la caisse se démonte facilement pour la révision, tous les soirs sur un rallye, vu les contraintes subies.

Le train avant.

Le train avant.

On fait quelques photos, on discute… Max me convainc qu’il doit absolument m’emmener faire un tour, je dois me rendre compte etc. Je lui impose de rouler peinard. Ce qu’il fait les 15 premières bornes. Le confort n’a aucun sens dans la caisse, le truc est rustique au sens brut. L’idéal me dit Max, c’est de rester fléchi sur la pointe des pieds, accroupi, pour être prêt à s’engager à droite ou à gauche à n’importe quel moment. Des barres de maintien deviennent le seul lien avec une aléatoire stabilité. Contrairement à la moto, les pires moments ne sont pas le freinage et l’accélération, mais les transferts de charge latéraux. Bien sûr, plus loin, il n’a pas pu s’en empêcher, le sourire en coin. On a grimpé une petite route façon rallye, il a attaqué en m’expliquant ensuite qu’on se traînait…

Inside !

Inside !

Aucun répit sur une spéciale de 4 ou 5 bornes. Il faut toujours avoir un petit coup d’avance, mais pas trop, pour ne pas déstabiliser l’équipage. Un coup la tête dans les reins du pilote, avachi sur l’arrière de la moto, un coup le dos dans le fossé, bras tendus, sans jamais avoir de visibilité. Tout est question de rythme, de mouvements, de maintien et de confiance mutuelle. Le tout sur un engin qui ne demande qu’à se barrer dans tous les sens. « Le singe doit jouer avec la force centrifuge pour se déplacer, il économise des efforts et gagne en vivacité » m’apprend Max. J’imagine le corps meurtri de Sandrine après une saison, entre les bleus et les crampes, au mieux… Être acteur tout en subissant le pilotage reste une sensation étrange quand on a l’habitude de faire de la moto.

Dans la caisse, avec les outils de navigation.

Dans la caisse, avec les outils de navigation.

Max et Sandrine ont fait fort. Leur saison s’est bien passée, avec un podium dès la première course, au rallye des Garrigues. Même si Max prétend qu’il manquait quelques cadors.

Chaud aux Garrigues !

Chaud aux Garrigues ! Photo Laurent Berthe.

Seconde course rallye de la Sarthe, ils font 5ème. Ils ne devaient courir que quelques rallyes… Ils se sont quand-même engagés en Corse, où ils ont eu peur. Sandrine a tapé un muret que Max a frôlé de trop près, sans gravité. Plus loin, une crevaison au départ d’une spéciale. Ils terminent second, sur deux sides au départ… Mais Max apprend vite et s’accoutume aux particularités du Choda, facile, qui réclame un pilotage coulé avec de la vitesse d’entrée en virage. Ils font encore deuxièmes au rallyes de Ardennes, puis quatrièmes au rallye de l’Ain. Et sont classés deuxièmes au championnat pour leur première saison !!!

C’est dire l’intelligence de leur approche et l’équilibre du KTM Choda !

Championnat de France des Rallyes Routiers - 5ème Rallye des Garrigues LAVERUNE 2016

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