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Virée en « vieux » trail

Du TT pour pas un rond

Ouais, ouais, presque pas rond, ok. La moto gratos n’existe pas encore. Soyons gré au valeureux Cigalou (foncez voir son blog Vie de Motard) d’avoir organisé une petite sauterie spéciale trails dans sa région natale, la somptueuse Haute-Loire, alors illuminée des ors d’automne. Ça s’appelait Rando TT Pirate, première du nom, et c’était assez génial. Où l’on vérifiait que rouler pas cher n’est pas utopiste. Y étaient :

  • une Honda 600 XL de 1987, celle de maître Cigalou, hôte de ces bois. « Achetée 400 balles au printemps l’an passé pour me remettre gentiment au TT. Elle ne freine pas, elle n’amortit plus grand-chose… Mais elle a un super gros mono plein de vie et elle démarre au quart de tour. Bref, j’aime terriblement cette moto, un vrai « trail » comme je les conçois. J’ai plein de projets avec elle en tête ! »
  • une Suz’ DR 600 Djebel de 1988 plutôt nickel, fraîche propriété du truculent Rodolphe. 41 000 km, achetée 1100 € quelques jours avant la balade. Le gars n’avait jamais fait de tout-terrain de sa vie, et voici comment il résume son dépucelage : « Expérience avec le DR : une semaine et deux tours de périph, grosso modo. Première expérience en pneus à tétines. J’en ai chié. Je suis tombé trois fois lamentablement. J’en ai chié. Y a jamais eu le même grip sur la sortie, donc très dur de s’adapter à chaque type de revêtement. J’en ai chié. Je me suis fait un mollet de rugbyman à force de kicker. J’en ai chié. Ça envoie le bois quand-même un mono, mais il était un poil lourd… J’ai dit que j’en avais chié ? Bon j’ai juste envie de recommencer maintenant ! »
  • une Suz’ DR 750 (the Big DR) de 1989. Celle d’Erick Mercier, concessionnaire parisien (Reuilly Moto dans le 12ème arrondissement de la capitale), gros caractère, humour à volonté, sans ambages une fois l’heure de l’apéro sonnée. Il reconnaît la lourdeur de son énooorrmme mono mais loue son couple (peu cher…) et adore le bec de canard, c’est dire s’il a bon goût… Roi des bons coûts, il l’a achetée quelques poignées de cerises bien mûres. On trouve le pachydermique mono des années 80/90 pour moins de 1 000 € sur un célèbre site de petites annonces, suffit ensuite d’être bien outillé pour refaire la distribution, voire changer la bielle, qui souffre. Vérifier aussi les roulements etc.
Erick, boss de Reuilly Motos à Paris, soigne son hygiène de vie. Toujours.

Erick, boss de Reuilly Motos à Paris, soigne son hygiène de vie. Toujours.

Je sens déjà les bulles oniriques s’évaporer de vos cerveaux bouillis.

  • une mythique Honda Africa Twin 750 de 1993, celle de l’intrépide Olivier, qui n’a pas hésité à grimper un passage qu’on nommera de franchissement pour une telle machine. Une moto idéale pour lier route et grands chemins, à environ 3000 € (bien qu’Olivier l’ai achetée 1500 €, mais ça ne se trouve plus à ce prix).
Passage héroïque de l'Africa Twin !

Passage héroïque de l’Africa Twin !

  • une Yam’ 600 TTR de 98, celle de Fabien, discret mais efficace, ingénieur chez Michelin. On trouve ce genre de moto à 2000 €. « Je suis motard depuis 98, toujours une clef de 10 à la main pour mécaniquer sur mes bécanes et d’autres. Je pratique l’enduro depuis 2008 , après 3 ans de pistes avec une Honda CBR 600. Pour les les caillasses bougnates, j’ai une suédoise qui m’est fidèle depuis 5 ans, le deux temps est l’idéal en franchissement (250 TE Husaberg). J’ai acheté ce 600 TTR de 98 pour rouler tranquillou dans d’autres coins et aussi pour le côté crâneur du poum-poum du gros mono. »
  • une mignonne Suz’ 350 DR, la vaillante de Jean, papa de Cigalou. Enduriste averti le Jean, et sportif confirmé. Son DR date de 1996, le modèle avec le démarreur électrique. Voyez s’il est saignant : « Mon vécu avec est assez court, tout au plus 7 ou 8 sorties, dans le cadre de la rando pirate. C’est une moto un peu « lourdotte », qui n’invite pas à rouler trop vite dans le défoncé et qui manque de puissance pour sortir des virages en roue arrière, mais bon, pour un papy c’est pas plus mal ça évite de faire des folies. A part ça je m’y suis attaché et j’espère faire encore de nombreuses sorties à son guidon. »
Vaillant, le Jean avec sa Suz' 350 DR !

Vaillant, le Jean avec sa Suz’ 350 DR !

  • une magnifique BMW R100GS de 1990 ! Elle appartient à Thomas Brély, très aguerri au tout-terrain. Il nous gratifiait de chouettes glisses à l’accél’, avec une moto du genre pesante… Le prix là est un peu plus élevé que pour les monos japonais, il faut compter au moins 6 000 € pour un aussi beau modèle. Celle-ci totalise 48 000 km. « Je l’ai partiellement restaurée depuis que je l’ai échangée contre un 1150 GS. De belles balades sur routes et chemins, un GS Trophy et jamais une merde ! Que du bonheur, simplicité, solidité (pas comme une moderne). »
  • une Suz’ 400 DR, de l’ami Julien. Plus récente que celle de Jean, plus typée tout-terrain aussi, on en trouve à 2500 €. Julien venait de re-rayonner sa roue arrière avant la sortie.
  • une Yam’ 350 XT de 1985 sous assistance respiratoire, mais 350 XT quand-même. L’une des XT de la flotte de Jean-Louis, il en 5. On en trouve à 700 € sans trop de dégâts, je le sais, j’en ai une.
La XT 350, petite moto idéale pour ce genre de balade; qu'on trouve pour moins de 1000 €.

La XT 350, petite moto idéale pour ce genre de balade, qu’on trouve pour moins de 1000 €.

Mais aussi des motos plus récentes, voire beaucoup plus, qui ne devraient pas figurer ici, comme la HM Honda 450 que le surnommé Flieger, courageux, a apprivoisée en bien peu de temps, pourtant habitué à des trails énormes, tel son Honda Crosstourer. Plus immense encore, la BMW R 1200 GS Adventure (2014) du fougueux Philippe, as de l’enduro (bravo !). A l’opposé de la minuscule Gas Gas Pampera 125 (2007) de la jeune Marine, dont c’était aussi le baptême du crampon. Elle occupe sinon ses week-ends au sein du team d’endurance GMT 94, où elle gère la com’. En intermédiaire, la Yam’ XTZ 660 (2010) de Pierrot, achetée en juillet dernier à 44 000 km. Elle en a aujourd’hui 10 000 de plus, uniquement en chemin ! Et Maxence, de Trimax, grand spécialiste des Triumph des années 90-début 2000, nous tournait autour avec sa 400 WR-F de 2000. Ainsi que ‘Drine, compagne dudit Maxence avec sa 250 TT-R, de 2000 aussi !

Quentin, dit Cigalou (rapport à l'accent), ouvre le chemin.

Quentin, dit Cigalou (rapport à l’accent), ouvre le chemin.

De la chouette meule, des paysages de forêts multicolores, de champs vallonnés, des chemins plus ou moins larges, parfois même des singles et des pierriers, de quoi occuper la petite troupe de traileux une journée entière. Nous logions au gîte-dortoir de Landos (40 € par personne pour deux nuits) et prenions nos repas dans la jolie petite ferme des parents de Cigalou (caillette, saucisson, cakes et gâteaux maison, vin rouge et blanc – en bouteilles distinctes…), auxquels nous adressons encore de chaleureux remerciements. Cigalou, t’as des parents vraiment cool !

Banquet final.

Banquet final.

Tout ça pour dire ceci : en additionnant l’achat d’un tromblon tout chemin des 80’s (entre 500 et 1 500 balles), le prix d’une paire de pneus tétonisés (100 €), un plein d’essence (20 €), un peu de bornes pour rejoindre les chemins selon qu’on habite le hype parisien ou la belle Auvergne, des bottes usées (100 balles maxi), il y a de quoi se faire quelques homériques journées entre potes (ça ne s’achète pas ce truc, en revanche) pour pas bien cher, une fois l’investissement premier consenti. Une vieille Honda XL 125 ou une Yam’ DTMX passaient pareil !

Merci à Cigalou pour sa preuve par l’exemple ! (il en a pas mal bavé pour le tracé et les recos, voyez donc ça ici).

Restez Fast !

1 commentaire sur “Virée en « vieux » trail

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