Accueil » Oh ! Les belles motocyclettes » Wrench n’ Wheels

Wrench n’ Wheels

Entre mer et fer

Par Zef, photos Fernando Carvalho. Sujet à retrouver dans le hors-série Garage Culture de Moto Revue Classic.

La Custom Culture n’est pas tout à fait une nouvelle approche de la moto. Les bidouilleurs ou préparateurs hyper talentueux ont toujours existé, des mécaniciens fous des années 20 ou 30 au tuning des années 80/90, en passant par les racers des années 60. Très axée sur l’esthétique, le style, elle traverse maintenant toutes les frontières. Parce qu’elle draine de la convivialité, une sorte de ‘back to basics’ et pas mal de lassitude du ‘toujours plus’ (puissance, look louche, électronique etc.), mais aussi parce qu’elle correspond à une nouvelle façon de rouler, plus cool, en phase avec les gros axes radarisés. On va essayer de se faire une vue large de la Custom Culture à travers le monde. Pour éviter de tomber dans des préjugés ras du plancher, et pour croiser de nouvelles têtes. Troisième épisode en Allemagne (premier épisode ici, second , le troisième par ici).

Le show room de Wrench n' Wheels.

Le show room de Wrench n’ Wheels.

Au bord de la mer, dans le nord du Portugal, à Viana do Castelo, Pedro s’applique. Il ne veut pas laisser passer cette chance, pouvoir vivre de la moto, des prépas, de Wrench n’ Wheels. Il soigne les soudures de la boucle arrière d’une Ducati Monster 600, bientôt terminée. « J’ai l’habitude de donner un nom à toutes mes motos, s’interroge-t-il, mais je ne sais pas encore lequel choisir pour celle-ci. » Tout ne tient qu’à un fil, Pedro s’inquiète, ne laisse rien au hasard. Wrench n’ Wheels n’existe que depuis une grosse année, il n’oubliera jamais celle qui l’a fait connaître, la CX 500 Wind 10, pour la qualité de sa fabrication. Alors il apporte le même soin à toutes ses motos. « Quand j’ai fait la Wind 10, j’étais encore prof de sport. J’adore bricoler des motos depuis toujours, mon père est motard et travaille dans la métallurgie, c’est un expert en soudure. Il m’aide beaucoup à l’atelier maintenant. Donc quand j’ai publié les premières photos de la Wind 10, je ne m’attendais pas à un tel succès. Elle est parue sur les sites les plus en vues de la planète custom culture. »

Pedro au boulot.

Pedro au boulot.

Pedro a finalement choisi un réservoir de Ducati 1000 GT pour l’adapter sur la Monster 600 de 1996. Le peintre vient tout juste de lui rendre. « Après la Wind 10, j’ai reçu de nombreuses demandes. Il m’a fallu m’organiser, trouver un atelier, m’équiper… Je n’étais pas seul, j’ai le soutien d’Abilio, mécanicien, et Paulo, qui connaît beaucoup de gens dans l’univers de la prépa. Bien sûr mon père m’épaule toujours. Nous avons réussi à honorer nos commandes, sans rien lâcher sur la qualité du boulot. Mais je ne gagne pas assez d’argent pour ne vivre que de Wrench n’ Wheels, je continue d’être prof à mi-temps. »

Pedro a pourtant suivi des études de mécanique générale, puis s’est spécialisé dans la soudure, sur les traces de son père, Mario. A 4 ans, après avoir reçu son premier vélo, il se souvient s’être fait punir parce qu’il cherchait à le démonter. C’était la même chose pour le moindre un peu complexe, mécanique ou même électronique. Un jour de son adolescence, sa grand-mère l’a forcé à lire un magazine, pour qu’il sorte un peu de ses mobs. Il se souvient être tombé sur une photo de Honda CX 500, qui n’a jamais quitté son esprit. Le destin…

« Ce que j’aime le plus maintenant, c’est souder. Je ressens quelque chose de magique à assembler des bouts de tubes, jusqu’à atteindre la forme que je leur avais imaginé. Avoir un rêve et pouvoir lui donner vie… » Wrench n’ Wheels a transformé six motos en un an, surtout des japonaises pour le moment (Honda CB 350, Kawa Z 650, Honda CX 500…), et a trois projets en cours, dont deux sur des BMW, une K 1100 et une R 80. Pedro aimerait agrandir son espace de travail et pouvoir s’y consacrer à plein temps. En attendant, il a passé un accord avec un lycée de la région, la High School of Montserrate et son professeur Alvaro, pour faire découvrir aux étudiants son travail et leur confier quelques pièces à tourner, fraiser, cintrer… Il se réjouit aussi de l’arrivée récente d’Abilio, son mécanicien. « J’ai tellement galéré avec la mécanique de la Kawa Z 650 ! Il a fallu la démonter entièrement, elle n’avait pas roulé depuis des années et son propriétaire venait de la racheter. Nous ne connaissions rien de son historique. Elle était rincée. »

Pedro, son père, ses potes.

Pedro, son père, ses potes.

Il sait que l’esthétique de ses motos doit encore beaucoup au Brat Style. Il reçoit de plus en plus de demandes de scrambler, mais il aimerait renouveler le genre. Il échange beaucoup avec des ateliers amis, comme Capelos Garage, Classic Way Atelier, La Urbana Bike ou It Rock Bikes, et s’inspire de tout ce qui se fait. “Le niveau de la prépa aujourd’hui est incroyable, quand tu vois le nombre de préparateurs capables de faire des motos superbes… Ce n’est pas évident maintenant de trouver d’autres voies. Il faut être imaginatif et puiser dans l’histoire de la moto.”

Quelques jours plus tard, il avait trouvé le nom de baptême de sa Ducati Monster : Wind Rose.

La Ducati Wind Rose.

La Ducati Monster Wind Rose.

Maintenant, il veut progresser dans ses connaissances mécaniques et son équipement. Il aimerait pouvoir modifier des japonaises des années 80, mais elles sont rares au Portugal, où elles n’ont été importées que plus tard.

 

 

Partager

No Comment ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *